Libre de faire un enfant…

… et de ne pas m’en occuper.

J’avoue que cette phrase, c’est ce que je comprends à chaque fois que je lis ou entends un parent qui choisit, sous prétexte de liberté, de :

  • ne pas porter son enfant
  • ne pas câliner son enfant
  • laisser pleurer son enfant
  • ne pas rassurer son enfant
  • ne pas allaiter son enfant
  • ne pas dormir avec son enfant
  • ne pas donner à son enfant ce qu’il ou elle sait être le meilleur pour un enfant.

Pire encore, la justification qui suit c’est « et c’est ok car mon enfant va bien puisqu’il est toujours en vie ». Donc pour ces parents, tant que quelqu’un est en vie il va bien. Et la seule ambition que ces parents ont pour leur enfant est que ce dernier reste en vie.

Franchement, ça me dépasse. Adoptez un caillou, le monde n’en ira que mieux…

Opération d’une autiste

Je ne sais même pas si j’en ai déjà parlé ici et je n’ai pas envie de vérifier. Oui, je suis autiste. Et il y a trois jours, je me suis faite opérer. De l’œil. Avec une anesthésie locale.

Ayant subit la même opération il y a quelques années, je me suis préparée à ce dont je me souvenais : le retour immédiat de la vue, des picotements, un produit relaxant qui rend très positif, une attente interminable entre l’entrée en clinique et le début de l’opération, une attente interminable entre la fin de l’opération et la sortie, du personnel stressé par la quantité hallucinante de travail, l’obligation de rester immobile tant qu’on ne me dit pas que je peux bouger quoi qu’il arrive, le champ opératoire qui allait être posé sur mon visage et le manque de nicotine durant plusieurs heures.

Oui, je me suis préparée à tout ça parce que non, je ne dis pas à tout le monde que je suis autiste. J’ai travaillé toute ma vie pour camoufler ça tant que possible afin de ne pas me faire agresser par un trop probable et fréquent manque de compréhension.

Alors j’ai prévu : un super livre, mon téléphone chargé à fond pour écouter de la musique ou regarder des séries, mon casque-écouteurs chargé à fond, une batterie de secours chargée à fond aussi.
J’ai travaillé : mon sourire sympathique, mon ton de voix sympathique, quelques répliques de détournement d’attention, des chansons faciles à chanter dans ma tête pour faire passer le temps, une relaxation musculaire générale.

J’avais quelques questions à poser avant l’opération que je n’ai pas pu poser, ce qui aurait été un stress insurmontable si je ne connaissais pas déjà la chirurgienne-ophtalmo. Par chance, j’ai la chirurgienne-ophtalmo la plus patiente et gentille du monde. Je savais qu’elle allait répondre à toutes mes questions, même pendant l’opération. Et c’est ce qu’elle a fait. Avec calme, gentillesse, précision, assurance et douceur.

Les bonnes surprises :
– Le personnel soignant était d’une humeur particulièrement bonne. Pas une seule personne n’était de mauvaise humeur. Mon empathie en a été reconnaissante.
– J’ai eu une reconnaissance de mon travail sur mon apparente « normalité » : ma chirurgienne m’a dit après l’opération que l’anesthésiste m’a trouvée particulièrement sympathique. Effectivement, je le sentais bougon lorsqu’il a commencé à s’occuper de moi. Et moi, je n’avais pas envie que la personne qui devait veiller à mes signes vitaux pendants l’opération ne soit pas exclusivement concentrée sur moi. Alors j’ai sorti une réplique mêlant humour et empathie préparée à l’avance au cas où. Et ça a très bien fonctionné.
– L’équipe de la salle d’attente opératoire a particulièrement pris soin de moi. Peut-être à cause de mes allergies/intolérances peu courantes, peut-être parce que je les ai remerciés pour chaque attention sortant du protocole de base, peut-être parce que j’ai pris sur moi pour détendre les patients autour de moi avant que l’équipe n’en aient le temps… Quoi qu’il en soit, j’ai été particulièrement chouchoutée. C’était tellement bon de sentir uniquement du positif autour de moi dans un contexte où personne ne risquait de perdre quoi que ce soit en étant désagréable !! Je ne sais même pas si je l’ai déjà vécu. Si c’est le cas, je n’en ai aucun souvenir.
– On m’a enlevé presque tous les sparadraps qui me gênaient trop dès que je l’ai demandé. Seul le cathéter m’a été imposé jusqu’à ma sortie. Et même si j’en porte encore la trace (du cathéter et de la colle) aujourd’hui, ils n’ont fait aucun commentaire en voyant que j’en avait déjà décollé le maximum avant l’heure du retrait. Ils ont vraiment tous été très compréhensifs et empathiques. Quel bonheur !
– Ce n’est pas vraiment une surprise car je savais d’expérience qu’elle le ferait mais ma chirurgienne m’a expliqué ce qu’elle allait faire et pourquoi elle le faisait tout au long de l’opération. Et tout était parfaitement justifié. Cerise sur le gâteau, si une question ou une remarque sortait de ma bouche, elle me répondait avec sourire (oui, le sourire s’entend) et patience et s’assurant que je recevais toutes les information dont j’avais besoin. Je pense que toutes les personnes travaillant dans le domaine médical devrait en faire autant avec tout le monde.

Les mauvaises surprises :
– Après avoir bloqué mes paupières avec l’accessoire fait pour, une lumière ultra puissante m’a été mise brutalement dans l’œil. C’était horrible ! J’avais tellement mal ! Mon cerveau a disjoncté totalement ! Mais j’ai travaillé depuis l’enfance mon self-contrôle d’urgence et c’était l’un de ces moments où il fallait que je l’utilise. Tant pis pour la fatigue engendrée ! Ce n’était vraiment pas le moment de faire une crise qui les aurait dissuadés de me faire cette opération que j’attendais depuis si longtemps ! J’ai utilisé le mode « voix détendue »  pour dire « wouaou ! C’est puissant comme lumière ! Vraiment, ça fait mal ! Très mal !  Trop mal ! » Mais ma voix tremblait autant que mon corps. Heureusement, mon ophtalmo a fait preuve d’empathie en mettant un peu d’angoisse dans sa voix (je ne sais pas dans quelle mesure c’était conscient de sa part) lorsqu’elle m’a répondu « oh mon Dieu ! Je sais que c’est puissant ! Je ne pensais pas que ce serait aussi douloureux ! Je suis tellement désolée ! J’ai besoin de cette lumière pour vous opérer correctement. Attendez, on va essayer quelque chose. » Et elle a mis quelque chose devant la lumière pour la masquer. Elle l’a retiré tout doucement, de manière à ce que mon système nerveux ne soit pas choqué, jusqu’à ce que je sois capable de supporter l’intensité au moins le temps de l’opération.
– Je n’ai pas eu le droit de prendre ni mon smartphone, ni mes écouteurs, ni mon livre dans la salle d’attente. Rien pour me mettre dans ma bulle ! Panique ! Par chance (oui, j’ai eu beaucoup de chance ce jour-là), je n’ai pas attendu les deux heures annoncées avant de passer au bloc. Je ne sais pas pourquoi, j’ai à peine eu le temps de m’asseoir sur mon fauteuil d’attente qu’on m’a appelée pour passer au bloc. Mais les 90 minutes post-opératoire m’ont semblé une éternité ! J’avais envie/besoin de me lever et de faire le tour de la pièce en suivant murs et meubles. En fait, je n’ai tenu en place que 40 minutes (c’est déjà pas mal !) Ensuite, j’ai trouvé toutes les excuses imaginables pour me lever : aller me laver les mains, aller regarder l’horloge, aller aux toilettes, aider les sortants à remettre la clé et le cadenas de leur casier à la bonne place, tous les placer harmonieusement (clés et cadenas) sur leur support, aider les entrants à trouver leur siège, demander au personnel de m’expliquer leur travail… C’était vraiment fatigant de prendre autant sur moi ! Au moins, tout le monde était de bonne humeur…
– Le produit relaxant pré-opératoire n’a pas eu le même effet que dans mes souvenirs. Je m’attendais à « planer grave » durant quelques secondes mais je l’ai juste senti se diffuser dans mon corps. Rien de plus. Grosse déception. Les moments de réelle détente sont très rares dans ma vie et ça devait en être un. Dur à digérer. Je ne l’ai pas encore digéré, en fait…

Voilà. Une opération bénigne, pour une autiste, ça ressemble à ça. Et encore… J’ai conscience de faire partie des « chanceux » qui ont vécu assez de mauvaises expériences pour savoir à quoi ressemble le masque qu’il faut mettre pour ne pas se faire trop agresser par les gens normaux et qui ont assez peur des conséquences malheureuses d’une « honnêteté de personnalité » pour compenser plus que la santé ne le permet.
Autre chose : là, je n’ai raconté que l’opération en elle-même, le juste avant et le juste après. Mais j’en connaissais les conséquences et parmi elles il y en avait qui ne pouvaient pas être certaines.  J’en ai fait cauchemars et insomnies au moins une semaine avant. J’ai été incapable de maintenir mon logement propre, de faire des démarches administratives pourtant urgentes, d’être concentrée sur quoi que ce soit, de faire quoi que ce soit de commun pour les gens normaux en fait… Et aujourd’hui, alors que quelques jours sont passés, je suis encore en train de m’en remettre comme je peux.

J’espère que ce récit pourra aider d’autres personnes comme moi à mieux vivre ce genre de situation mais surtout qu’il pourra aider l’entourage à accompagner efficacement et le monde médical non formé à se rendre compte de ce que c’est et à prévoir des protocoles adaptés.

Bonne chance….

Singularité

Je suis différente. Aucun clan ne me reconnaît. Personne ne se reconnaît en moi, ne me reconnaît en soi. Compliquée dans ma simplicité, simple dans ma complexité.

Être proche de moi c’est recevoir beaucoup d’amour mais aussi le reflet de ce que l’on est vraiment. C’est se mettre face aux incohérences de ses actes et de ses paroles.

Être proche de moi c’est acquérir du savoir et remettre en question ses croyances. C’est abandonner les filtres qui nous protègent du monde.

Je ne juge personne. Je me contente d’énoncer des faits. Pourtant, à mon contact, les autres sont durs envers eux-mêmes. Et lorsque c’est trop dur, c’est sur moi qu’ils déversent leur colère. Alors on m’agresse, on me trahit, on me juge, on m’exclue. La priorité est de retrouver la norme, cette zone de confort que je ne connais pas.

Tout cela est fatigant car je me nourris du partage d’affection. Mais dans ces conditions, c’est impossible.

Prépare ton corps pour l’été

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Ces dernières semaines, comme chaque année à la même période, je vois partout des affiches, pubs, magazines, articles et je ne sais quoi encore me dire que je dois préparer mon corps pour l’été. On pourrait penser que c’est pour nous prévenir des dangers du Soleil, de ceux des apéros ou encore des noyades. Que neni ! En réalité, c’est pour nous dire comment perdre du poids et se muscler.

PARDON ?!?!???

Ce n’est pas pour moi, pour mon bien-être ou ma santé, sinon pourquoi seulement en été ? Puis comme le disent si bien Camille et Justine dans cette vidéo, ce qu’on ne ferait pas si on était sûr de ne croiser personne, on ne le fait pas pour soi.
Je devrais donc mincir et me muscler pour être mieux acceptée ? Mais mieux acceptée par qui ? Par des gens qui pensent que la valeur d’une personne se mesure sur son corps ? Non merci. Ces personnes ne m’intéressent pas. Mais alors quel est le problème ? Je n’ai qu’à ignorer tout ça et faire ma vie, me direz-vous.
Le problème, voyez-vous, c’est que même si on ignore ces personnes, ces personnes ne nous ignorent pas. Alors aujourd’hui mon corps n’est plus sujet à ce genre de remarque, mais durant de longues années, j’ai eu droit à des agressions du genre  :
– Tu n’as pas honte de te montrer ?
– Tu nous gâches le paysage !
– Lâche ta bouffe et va faire du sport !
– Tu devrais pas porter ci ou ça ; on voit que t’es grosse. (Pas de doudoune en hiver ni de short en été, par exemple.)
– Quand je vois ton gras ça me donne la gerbe !
– Lâche tes cheveux ça affinera ton visage. (Ouais il fait chaud mais on s’en fout, hein…)

Le résultat c’est quoi ? Le résultat c’est que tous ces « préparez votre corps pour l’été » ça nous dit que l’espace public est réservé aux personnes minces et musclées. Cela entraîne aussi que les personnes qui ne rentrent pas dans cette norme ne se sentent pas légitimes pour sortir de chez elles. C’est là que le cercle vicieux de l’isolement commence avec toutes ses conséquences néfastes possibles.

Voilà. J’avais besoin de le dire parce que ça me rend vraiment triste, toutes ces personnes (et les femmes plus particulièrement) qui ne s’aiment pas et pensent que c’est normal qu’on ne les aime pas juste parce que leur corps ne correspond pas à ce que ce genre de message fait passer.

Que peut-on faire, alors ?

Et bien on peut inviter des personnes ni minces ni musclées à partager de bons moments avec nous et s’abstenir de faire un commentaire désobligeant sur son corps ou de lui donner un conseil pour changer son apparence. C’est pas compliqué en fait.
Puis on peut aussi arrêter de partager des publications  et autres supports du genre de ceux qui fleurissent en ce moment.
Arrêter d’acheter des magazines qui donnent des « conseils » pour entrer dans une norme absurde me semble aussi une bonne idée. Leur rédaction se fiche bien qu’on les critique tant qu’on les achète et ne changeront rien tant que leurs finances se portent bien.
Si vous avez d’autres idées, n’hésitez pas à les partager en commentaire 😉

#objectifbikinifermetagueule

Je ne te demande pas ton avis 1/1

DSC_0116Bon, alors. Ça, ça me travaille depuis un moment.

On est tous d’accord (enfin, ceux qui ont compris et qui ne font pas légion) que quand une femme dit « non », c’est « non ».
Mais quelque chose me chatouille depuis un moment et m’empêche de penser tranquillement.

Quand je suis dans une relation avec une personne à qui j’accorde ma confiance, il se peut que mon « non », ne soit pas un vrai « non ».

Ne sortez pas tout de suite les fourches et le bûcher.

J’explique.
Je suis la première à encourager que l’on fasse particulièrement attention à l’autre en matière de sexe.
Une fois que je suis certaine que mon partenaire (qui peut être une femme), fais attention à moi et ne me fera jamais, je dis bien jamais, quelque chose dont je n’ai pas envie.
Je peux ouvrir mon intimité à cette personne.
Sachant que c’est quelqu’un qui me connais bien, il sait qu’en matière de consentement, je ne rigole pas.
Mais du coup, je me retrouve bien emmerdée.
J’ai dis, on ne tape pas!
Disons que je suis très ouverte à plein de choses, mais ma pensée, elle, ne l’est pas du tout ( c’est une emmerdeuse de première qui a peur de tout ce qui touche au sexe et crois que les bébés naissent dans les choux).
De fait, elle n’ a strictement rien à foutre de ce que peut vouloir le reste de ma personne.
Si bien que si elle, entend des mots comme « pute » ou « salope », ou encore que j’ai envie de coucher avec plusieurs personnes en même temps, ou que j’apprécie particulièrement d’être « défoncée », elle va partir dans tout les sens et hurler :
« Non, mais qu’en penseraient les féministes, tes copines féministes, ta mère, le patriarcat… qui te rappellent que les hommes baisent mais que les femmes font l’amour. Que tu es romantique et fragile. Que le sexe ne t’intéresse pas. Ou que tu dois a contrario être une amazone qui domine le « mâle » et que seulement ainsi tu es une vraie femme. Tu es une femme respectable, donc avec une sexualité de merde. »
La pensée… Je ne parle même pas de ses potes installés au Vatican, parce que je sens la longue digression arriver et l’envie de me pendre y est associée.

Je sais que nous sommes beaucoup de femmes à vivre avec ce tyran qu’est notre pensée. Que nous aimerions, pour une fois qu’elle soit laborieuse et nous foute un peu la paix.

Alors, j’ai très envie de partager avec vous ce que je demande à mes partenaires pour calmer mon esprit.

« Je vous ai choisis parce que je vous sais, sensible, respectueux, intelligent et infiniment aimant. A part si je vous dit « rouge », auquel cas, vous devrez arrêter immédiatement ce que vous faites ou ne jamais répéter ce qui est sorti de votre bouche, tous les « non » qui sortiront de ma bouche seront ceux de mon ennemi en matière de plaisir charnel : ma pensée. « Non, je ne peux quand même pas aimer ceci ou cela. Je ne peux pas éprouver du plaisir à entendre, tel ou tel mot. »
En fait, ce « non », est le « non » de ma conversation interne avec laquelle je lutte du début à la fin de notre échange intime.
Je vous demande donc partenaires, de m’aider à faire taire ma pensée. Parce que, moi, elle m’envahit et à force d’arguments elle m’épuise et gagne. Je finis par ne plus rien ressentir et vivre mon corps comme une nature morte.
Merci donc de répondre à ma pensée, que vous ne lui demandez pas son avis tout en poursuivant ce que vous avez entamé. »*

N’en déplaise aux filles des Simone ou aux hommes qui confondent les femmes avec des objets.

N’en déplaise à ma propre pensée.

Ma sexualité est le plus souvent en désaccord avec vos principes et elle s’en porte très bien ainsi. Elle vous remercie à l’avenir, d’aller casser les noisettes du voisin d’à côté.

La plume noire

*Précisions importantes dans cet article

Je ne demande pas ton avis 2/2

DSC_0107C’est un bonheur de savoir que tu fais attention à moi. Que parfois, je ne me sens pas prête à expérimenter une pratique nouvelle et que d’une voix douce et chaleureuse, tu me rassures. Tu me dis que « Tout va bien se passer, que tu es là pour moi. Que si je dis le moindre mot, ou que tu lis sur mon visage une hésitation ou encore que j’ai légèrement mal, on arrêtera immédiatement. Que tu m’aimes et ne souhaites que mon bonheur et mon bien-être.» Et, si je ne souhaite vraiment pas essayer, ce n’est en aucun cas un problème.Cela est primordial dans une relation.

Mais aujourd’hui ce que je te demande, c’est autre chose. Je te demande de ne pas me demander mon avis…
ET C’EST SEULEMENT PARCE QUE JE TE LE DEMANDE, QUE TU PEUX LE FAIRE.
Il S’AGIT D’UNE DEMANDE PRÉCISE ET EXPLICITE. IL EST IMPENSABLE DE PASSER AU-DELÀ DU « NON » DE SON PARTENAIRE SANS QUE LA DEMANDE AIT ÉTÉ POSÉE TRÈS CLAIREMENT. Je préfère me répéter et qu’il n’y ait aucune confusion entre une demande claire et précise et le fait qu’une personne pense à la place de l’autre sans accord préalable.

J’ai envie de m’adresser à tous les hommes et toutes les femmes que mon propos peut intriguer ou qui se sont déjà posé ce type de question, qui ont rencontré cette ambivalence entre le oui et le non dans la relation sexuelle et qui sont bien en peine de pouvoir la dépasser, qui aiment sincèrement l’autre et ne veulent surtout pas la/le blesser par des demandes ou des attitudes inappropriées.
Je suis une femme et je parle ici en tant que femme qui s’adresse à son partenaire. Mais ce que je dis peut concerner tous types de couples. Simplement de mon expérience, cette problématique concerne principalement des femmes en couple avec un homme.

Dans la pratique, j’ai choisi de donner un nom au cycle de la relation sexuelle : je l’appelle la boucle de sérénité relationnelle. Elle comprend les préliminaires, le sexe ardent, la douce descente.

Les préliminaires :
Il est appréciable de rencontrer l’autre dans un espace d’amour, de tendresse et de complicité. Cela permet de lier à la fois ce qui se passe au niveau intellectuel et émotionnel avec le niveau physique. C’est un moment où la pensée est tranquille parce qu’on ne vient pas encore taper à sa porte pour lui dire que ce qui va suivre, ne va pas lui plaire.

A un moment, la pensée de votre partenaire va l’envahir et la paralyser. Cela demandera sûrement de l’entraînement avant que vous sachiez repérer « quand » ce moment arrive. C’est peut-être encore l’occasion de trouver ensemble un geste ou un mot simple pour signifier que ce moment est arrivé. Mais nous y voilà, l’amour doux et tendre qui a permis les premiers échanges commence à faire baisser le désir au lieu de l’augmenter. Il est temps de passer à un autre type de rapport.

Le sexe ardent
Pour ce qui est du factuel, il y a tout ce qui touche au à ce qu’on dit :
Elle                                                                                            Lui
Non, on ne peut pas faire ça…                             / Oui, mais, on va le faire quand même
Je ne suis pas sûr que j’ai envie                           / Chuuuuuut… Laisses toi faire
Pas maintenant                                                   / Si maintenant

Ce qui touche au aux impositions physiques :

Je me souviens de l’un de mes partenaires qui le visage entre mes cuisse me procura beaucoup de plaisir. Il m’en procura tellement que je le ressenti comme un « trop ». Je lui dis que c’était trop, je lui ai dit « arrêtes toi ». A ce moment, il agrippa mes hanches et redoubla d’intensité l’action effectuée par sa langue. Je n’aurai jamais imaginée que cela me procurerait autant de plaisir (je répète que si j’avais dis « rouge », il se serait arrêté).

Il peut être très apprécié de retourner sa partenaire avec vigueur et précision (attention, le but n’étant pas de faire mal). Poser sa main sur sa bouche, si définitivement elle parle trop (Sachant qu’il est ABSOLUMENT INDISPENSABLE, d’avoir créé un code « rouge » physique, puisqu’il n’est pas possible de parler à ce moment-là).
C’est avoir un regard non pas dur, mais profondément assuré. Avoir une voix posé
e et dans des vibrations basses.
C’est bloquer certains mouvements. Ce qui peut passer par attacher votre partenaire, mais aussi plus simplement avec vos mains, avant-bras, coudes, menton, genoux…
L’avantage d’utiliser
autre chose que votre corps pour maîtriser votre partenaire est que vous pouvez utiliser celui-ci pour stimuler votre partenaire à plusieurs endroits différents simultanément. Ce qui permet également de saturer la pensée de votre compagne qui comme vous l’avez compris maintenant, casse les couilles à tout le monde.

Le plus important maintenant, l’attitude, l’état d’esprit :

Vous pouvez faire tout ce que vous voulez, si vous n’avez pas le sentiment d’assurance nécessaire et un ressenti intense d’affirmation de vous même, cela ne fonctionnera pas. Soit vous serez anxieux et cela cassera tout, ou pire vous tomberez dans l’humiliation ou du dénigrement et cela insécurisera votre partenaire et cela risque de se terminer en gros sanglots sur le carrelage de la salle de bain (à ne pas confondre avec les pratiques BDSM, où la soumission est le miroir du respect que les partenaires ont l’un pour l’autre).

Ce qui vous est demandé est d’être sûr de vous.

C’est être ferme dans tout ce qui est fait.

Cela permet à votre partenaire de se sentir rassurée, contenue. Ce qui lui donne l’espace de laisser son esprit s’exprimer et se débattre tant qu’il veut. Sa pensée pourra ainsi s’enfermer dans ses principes à loisirs tout en ne prenant pas la place du plaisir. Puisqu’il y aura en face de cette dernière un autre pour lui dire qu’elle peut s’exprimer tant qu’elle veut et que de toutes façons, on ne lui demande pas son avis !

En somme, il s’agit de maîtrise de soi pour que l’autre sente que cette maîtrise compense la sienne et pouvoir ainsi lâcher prise.

La douce descente
C’est le moment où, il faut bien distinguer ce qui peut être parfait en matière de sexe et qui n’a plus du tout sa place une fois que l’euphorie a quitté votre partenaire. Lors du retour au calme, beaucoup de tendresse, de mots d’amour, de tendres baisers, de regards remplis de douceur, sont indispensables pour refermer la boucle de sécurité relationnelle.

Prenez votre partenaire dans vos bras, écoutez si elle a besoin de parler. Si elle a mal vécu quelque chose, ne jamais le prendre pour vous, vous prendriez le risque qu’elle ne se confie plus. Ce qui empêcherait de fait de pouvoir grandir ensemble sur le chemin du plaisir partagé. Si elle a mal vécu quelque chose, vous n’avez probablement rien fait de mal. Vous venez seulement d’apprendre tous les deux une nouvelle information sur ce qui est bon pour elle.

Bénéfices secondaires pour lui :

Pour celui qui est en position de maîtrise de lui-même et de l’autre, cela peut lui être utile d’une point de vue de l’économie émotionnelle.

Si vous êtes une personne ayant du mal à vous affirmer, à exprimer votre point de vue. Voilà un bel espace pour vous entraîner de façon sécurisée, auprès d’une personne que vous aimez.
Si au contraire vous n’avez dans la vie aucun problème à vous affirmer et même une légère tendance à l’autoritarisme ou à la condescendance, voilà un espace où vous pourrez vivre cette part de vous et qu’elle soit agréable à recevoir pour l’autre. Peut-être même ressentirez vous moins le besoin de l’exprimer dans des lieux où ces attitudes n’ont pas leur place.

Bénéfices secondaires pour elle :

Assumer ses désirs et ses besoins. Découvrir qu’un autre peut être aussi solide qu’elle. Qu’il peut avoir des capacités intellectuelles et affectives équivalentes aux sienness et qu’elle peut se reposer sur lui en étant réellement sécurisée. Découvrir qu’assumer ce genre de désirs (qui comporte beaucoup d’éléments de soumission), est un des meilleur moyens d’être indépendante sexuellement et affectivement. A partir du moment où, l’on nomme ce dont on a besoin, que l’on choisit le partenaire approprié et qu’on se donne l’espace de vivre pleinement ses désirs, on peut considérer qu’on prend en charge ses besoins sexuels et affectifs. On n’est donc plus dans la dépendance.

En conclusion, ces types d’échanges demandent de la part des deux partenaires, une grande confiance, une grande complicité, une communication claire, un respect profond ainsi qu’une haute estime mutuelle.

Ce n’est qu’en étant parfaitement aligné avec l’autre qu’il est possible de s’engager dans ce genre de voie et d’en ressortir infiniment heureux…

La plume noire

Je mesure 1m62 pour 82 kg, je porte du 44 : je suis obèse

Depuis que je suis petite, je ne suis pas un « rêve de minceur ».

Je parle de rêve parce que ce, corps mince et élancé, mes parents les premiers étaient paniqués de ne pas le voir en me regardant.

En trente ans, ce corps filiforme je l’ai vu… sur les autres.

Il y a eu l’école et ces petites poufs qui se moquaient, qui me disaient de faire des régimes, que personne ne pourrait m’aimer avec un tel corps. Pour me rendre compte, des années après, que les mamans de ces filles étaient pour certaines anorexiques et entraînaient leurs enfants dans le même cercle mortuaire.

Je l’ai vu dans les magazines. Ces femmes qui étaient si belles et nous faisaient rêver la minceur. Pour apprendre un jour que ces sublimes jambes de femmes qui vantaient les mérites des crèmes anti-cellulite étaient le plus souvent des jambes de jeunes filles ne dépassant pas 14 ans ou des jambes d’hommes épilées ! Pour être une femme « normale » (donc mince, ndlr) il ne faut pas être une femme !

Mais pourtant… J’en ai vu des femmes minces dans la rue, sur la plage. C’est simple : j’avais même la sensation qu’à part moi, toutes les femmes étaient minces parce que je ne voyais qu’elles. Elles avaient de petites fesses rebondies, des seins qui se dressaient fièrement vers le monde et des muscles qui finissaient de sculpter leurs corps parfaits. Ces nanas, quand elles bougeaient, je regardais leurs seins et leurs cheveux danser. Quand je faisais la même chose, c’est toute ma graisse que je voyais s’agiter et une envie de m’enterrer dans le sable se manifestait.

Il y a aussi ces hommes qui s’éclataient au lit avec moi et étaient capables, un jour, de me dire que, quand même, la vue de mon ventre gâchait tout… Manifestement, cela ne les avait jamais empêché de me désirer ni de jouir.

Et pour finir, mes bourreaux préférés : les médecins.

Ceux-là, ils sont là depuis toujours. Dans leur cabinet, je me suis sentie terrorisée, misérable, triste, en colère. Ils m’ont astreinte à des tas de régimes différents qui n’ont évidemment jamais fonctionné. Et c’était toujours de ma faute. Pensez-vous qu’un seul aurait pu se dire que c’était les méthodes qui ne fonctionnaient pas ?

Quand, adulte, je me suis sentie assez forte pour envoyer balader les régimes et leurs potes en tous genres, j’ai cru que c’était fini.

Sauf que je suis tombée enceinte… Là, ce fut le festival des leçons de morale, des rendez-vous en veux-tu en voilà pour me faire maigrir, alors que, bordel ! J’étais enceinte !

Et pour finir, les punitions : avec mon poids, je faisais forcément partie des accouchements à risques. Donc le projet de naissance : poubelle. Contrainte d’avoir un accouchement déshumanisé pour ne pas être rentrée dans un jean en 36. Vous trouvez cela normal, vous ?

Si vous saviez le nombre d’années pendant lesquelles, chaque fois que j’avais une lame à la main, mon désir le plus ardent était de couper tout ce qui dépassait ! J’avais tellement envie de vous plaire, de vous faire plaisir, que vous me respectiez un peu… Que vous m’aimiez…

Pourtant, je sais que ma paire de seins en a fait rêver plus d’un, que mes fesses donnent prise pour être empoignée, qu’on n’a pas peur de me casser en me serrant dans les bras, que ma peau est douce et que mon corps est vraiment agréable, beaucoup plus agréable à toucher que celui d’une femme mince.

Il y a quelques jours, un de mes partenaires a pris une photo (celle illustrant cet article). Une simple photo prise avec son portable et dont l’unique retouche est un filtre noir et blanc…

C’est donc ça l’obésité contre laquelle je dois me battre ? Est-ce ce corps digne des plus belles représentations de Sanguines que je dois maltraiter ?

Aux femmes, aux médecins, aux partenaires amoureux, aux familles et tous ceux qui croient que je devrais me battre pour maigrir, je pense que, dans l’intérêt de tous, il serait davantage profitable de vous battre contre votre évident manque de discernement.

La plume noire

Mes histoires d’amour 

Mapremière histoire s’est terminée parce que nos parents déménageaient, chaque famille à un coin opposé de l’autre de la planète. Dur. J’ai 5 ans. Maintenant j’ai peur d’être abandonnée.

Ma deuxième s’est terminée « parce que toi t’es grosse alors que Nathalie, elle, elle est belle. » Dur. J’ai 7 ans. Maintenant mon corps entier est un complexe.

Ma troisième s’est… Aaah… Cette troisième… Il faut que je vous la raconte. J’ai 15 ans. Je suis invitée à ses 17 ans. Il y a un plan de table. Nous sommes à côté. Pendant tout le repas je sens sa main sur ma cuisse, son pied sur ma jambe et n’importe quel prétexte est bon pour se frotter à moi. Bien sûr que ça me fait de l’effet ! C’est la première fois qu’on s’intéresse à moi comme ça et l’idée m’avait déjà traversé l’esprit. À la fin du repas, les autres continuent à boire. Moi j’ai ma dose et en plus mon éducation m’oblige à aller l’aider à faire la vaisselle alors que je déteste ça. Je suis gentille. Nous somme deux. Seulement deux. Et nous faisons la vaisselle. Occasion supplémentaire de me faire comprendre son attirance pour moi. Je suis persuadée que je me trompe parce que, souvenez-vous, je suis convaincue depuis des années qu’à cause de mon corps on ne peut pas m’aimer. Mais j’ai « un beau visage et des cheveux de feu, des cheveux de rêve. » Puis j’ai bien choisi mon parfum. Frais. Mixte. Intemporel. « Et cette bouche ! » Alors nous nous séchons les mains sur le même torchon. Je suis littéralement dos au mur. Les autres ne nous voient pas, trop absorbés par l’alcool (ou l’inverse. Mais à ce moment précis je m’en fous). Ses mains quittent le torchon et me collent au mur. Sa tête se baisse vers la mienne et ses lèvres se collent à ma bouche. Longtemps. Je ne sais pas quoi faire. L’imprévu me paralyse et ça, je ne l’avais pas prévu. Ça y est : c’est fini. « Tu est spéciale. Tu me plais. Je ne pouvais pas résister. » Plusieurs mois passent et nous partageons des moments d’une intensité rare. Je suis la seule de tout le lycée à savoir gérer ses crises. Mais nous ne sommes pas dans la même classe. Alors on m’appelle en plein cours pour aller lui redonner vie. Je suis heureuse, je sifflote tout le temps, je sautille souvent. Et c’est précisément pour cette dernière phrase qu’un jour je me fais larguer. Dur. J’ai presque 17 ans. Maintenant je suis persuadée que je n’ai pas le droit d’être heureuse.

Ma quatrième histoire s’est terminée au bout de 10 ans parce que je souffrais trop. Tout ce pourquoi j’avais été aimée au début de notre relation était devenu au fil des années un défaut à ses yeux et donc également dans ma tête. Mes défauts étaient devenus une torture pour lui et des complexes supplémentaires pour moi. Dur. J’ai 31 ans. 2 enfants. Je m’en vais, maintenant persuadée que le monde serait plus heureux sans moi.

En route je rencontre ma sœur d’âme qui démonte une à une les croyances négatives que j’ai sur moi et me démontre par les faits que je suis une personne super à l’extérieure et extraordinaire à l’intérieure. Elle me dit qu’elle comprend que mon cœur soit fermé avec un super blindage mais que l’amour est la solution. Elle m’explique les autres et m’apprend à communiquer efficacement avec eux. 

Alors je décide, la peur au ventre, d’ouvrir à nouveau mon cœur parce que « ça peut être super chouette et qu’il [me] fait clairement du bien. » Et puis il arrive à me convaincre que je peux être aimée. Il me trouve parfaite. Mes petits et gros défauts sont secondaires. Il m’aime entièrement, je l’aime entièrement, je commence à m’aimer timidement. Découverte de l’amour réciproque entre amoureux. On vit un truc de fou !

Ma cinquième histoire s’est terminée parce que, malgré tout ça, ses sentiments ont disparu. Parce que plus je l’ai aimé, moins il m’a aimée jusqu’à ne plus m’aimer du tout. J’ai fait tout ce qu’il fallait à tous les niveaux et c’est précisément ce qui l’a fait fuir. Dur. J’ai presque 32 ans. Je suis persuadée que personne ne voudra jamais faire sa vie avec moi. Moi-même, j’aimerais bien ne plus être moi. Je déteste ce que je suis. L’amour me fera toujours mal alors que j’en ai cruellement besoin.
La prochaine fois que je me demande si je peux prendre le risque de me laisser tomber amoureuse, merci de me mettre un bon gros coup de pelle dans la tronche.

Femmes, sexe et croyances

 

Je t’ai rencontré, nous nous sommes rapprochés. Je n’avais pas envie de m’attacher parce que lorsque je m’attache, je m’attache profondément, intensément. Et je désire en retour la même intensité…

J’avais envie de parler, de rire, de partage et de sexe.

Car pour moi, le sexe, c’est comme, manger, boire, dormir, respirer. C’est tout simplement vital.

J’aime le sexe avec toi, j’aime le sexe avec elle, j’aime le sexe avec d’autres. J’aime quand on se donne du plaisir, que nos corps s’harmonisent pour un jour, pour une nuit ou pour la vie.

Mais j’ai besoin chaque jour, toujours, de sexe.

Tu m’as dit que pour toi la relation se vivait à deux, lorsque je t’ai expliqué que pour moi l’amour peut se partager avec plusieurs personnes simultanément.

Alors quand nous avons commencé à sentir qu’on s’aimait, quand tu m’as dit que tu m’aimais et que tu n’envisageais pas de partager, j’ai écouté. J’ai accepté parce que je m’autorisais moi aussi à aimer un peu…

Je t’ai laissé m’aimer et m’enfermer. Je ne pouvais plus me donner à d’autres que toi.

Nous ne pouvions nous voir que quelques jours par mois. Le reste du temps, mon ventre me brûlait, mes vêtements étaient sans cesse mouillés de désir. Ma tête à chaque instant menaçait d’exploser. Mes fantasmes, mes désirs m’envahissaient. J’avais envie de toucher, d’être touchée, de sentir, de ressentir, besoin d’être prise, de prendre, de faire jouir, de jouir.

La douleur m’arrachait le sexe, le ventre, puis tout le corps. Mais, par amour, j’attendais les seuls moments où j’allais te retrouver, toi, et enfin, le sexe…

C’était un immense cadeaux que je te faisais, celui de ma liberté, celui de mon plaisir, de ce qui me rend vivante. Je sacrifiais le partage de mon intimité et de mon amour universel pour ne donner qu’à toi.

Je t’ai dit combien j’avais peur de te donner autant, sachant que j’imaginais qu’un jour, comme tous ceux que j’avais connu, tu me quitterais. Parce que tu me trouverais trop compliquée, prise de tête, là où tu m’avais trouvée, au début, différente et stimulante.

Je savais qu’à ce moment le sexe avec moi te manquerait. Car ce que nous avons partagé était nouveau pour toi. C’était fort, imprévisible, inattendu. Parce qu’une femme libre, qui pense la vie autant qu’elle la savoure, a des limites bien différentes en matière de sexe que celles qu’on trouve habituellement chez d’autres femmes.

Hier, dans ta salle de bains, je me suis lavé les mains et lorsque j’ai levé les yeux, elle était là.

La boîte de préservatifs du début de notre histoire. Elle était presque vide, alors que nous n’en avions utilisé que quelques-uns.

Choc, j’ai mal. Je n’ai pas mal parce que tu as couché avec une autre. Le sexe, c’est beau. J’ai mal parce que tu m’a arraché ce droit de recevoir et de donner de l’amour à d’autres que toi. J’ai mal parce que tu m’as refusé le droit de sexe universel, que tu m’as laissée souffrir de ce manque. Que tu m’as mise en cage, étant toi même à l’extérieur de cette cage.

Quand je t’ai rejoint dans le salon, je t’ai dit avec le sourire que j’avais constaté que le boîte de préservatifs s’était vidée. Après quelques bafouillages, tu m’as rétorqué que tu « n’a[vais] pas à te justifier ».

Quand tu violes le contrat qui était le nôtre, que dois-je faire ? Dois-je t’appartenir à en dépérir ? Ne pas ressentir, ne pas dire ?

Finalement, pour toi, je suis une propriété qui pense trop.

Moi, je rêve de trouver des partenaires à la fois de sexe et de réflexion. Que peut-il y avoir de meilleur de plus extatique que de partager les joie du corps et de l’esprit avec un autre, avec d’autres ?

Parce que je m’aime, parce que j’aime, parce que j’aime le sexe, parce que j’aime penser et que j’aime partager. Parce que je suis libre et insoumise à la bêtise qui prive d’aimer et d’être aimé.

Je repends ma liberté.

La plume noire

Je t’aime

J’ai envie de te dire que je t’aime et pourquoi je t’aime toi qui as souffert…

Je t’aime parce que ta couleur est différente et qu’elle en cache souvent bien d’autres.

Je t’aime parce que tu as ce regard qui peut être d’une incroyable douceur comme il peut être d’une grande violence.

Je t’aime quand tu ne peux résister à partager ton cœur, ton corps et ton âme, que tu te lies à plusieurs personnes dans le même temps, parce que l’amour ne connais pas le temps, ni les convention sociales.

Je t’aime quand tu t’abstiens de mettre un autre face à ses lacunes et que tu lui fais le miroir de tout ce qu’il y a de beau en lui.

Je t’aime quand écrasé par la fatigue tu joues encore avec tes enfants parce que tu sais qu’ils sont ce qu’il y a de plus important.

Je t’aime quand tu la prends dans tes bras et que tu la protèges. Tes genoux sont pourtant sur le point de céder et tu tiens debout parce que tu l’aimes. Et quand tu aimes, tu trouves toujours la force.

Je t’aime quand ton poing s’enfonce dans un mur, aussi fort que celui de ton père s’est abattu sur toi quand tu n’étais qu’un enfant, parce que toi, tu ne frappera jamais le tien.

Je t’aime parce que tu as une capacité hors du commun à faire confiance à un autre autant que ce que peut être un être humain te terrorise.

Je t’aime quand tu ne dis rien, parce que tu laisses la place à l’autre de se tromper sans le juger.

Je t’aime quand tu es patience infinie parce que tu respectes le rythme de chacun.

Je t’aime quand, tu attends que tout le monde dorme dans la maison pour que ton sourire tombe et que tu pleures en silence. Car tu sais que tu es la plus forte et qu’il y a de bonnes chances pour qu’il en soit toujours ainsi.

Je t’aime quand les autres dorment depuis longtemps, alors que tes pensées se bousculent, t’oppressent, s’accumulent et te tiennent… éveillées.

Quand tu me parles quatre heures de la même chose avec chaque fois, cette petite découverte qui te donne l’espoir de comprendre, pourquoi.

Je t’aime quand tu pratiques un sport, un art martial, que tu es batteur ou danseuse et que tu imposes à ton extérieur, ta souffrance intérieure.

Je t’aime quand tu te réveilles en sueur la nuit parce que tu as fais un cauchemar. L’atroce et le réel dansent si bien ensemble qu’une fois réveillée, tu as peur dans mes bras doux et chauds, d’entendre un rire sordide qui indique que non tu n’es pas encore réveillée.

Je t’aime quand tu espères, désires de tout ton cœur, que tes parents, ta femme, tes frères et sœurs, tes amis comprennent qui tu es et t’acceptent sans te juger, sans vouloir te changer.

Je t’aime quand, les bruits, les odeurs, les contacts physiques te rendent presque fou et que tu te replies dans ta bulle.

Je t’aime quand tu as envie de hurler ta souffrance de vivre dans ce monde qui se moque, humilie, te frappe jusqu’à soumettre.

Je t’aime parce que tu défendras, tu apaiseras, tu redresseras, tu soigneras, tu soulageras, tu rendras plus fort.

Je t’aime parce qu’en ta présence, je pense que le monde peut devenir beau.

Je t’aime quand tu lâches ton armure et ton épée parce que tu n’en peux plus. Que tu ne donnes plus de nouvelles du jour au lendemain et réapparais quelques mois plus tard.

Je t’aime quand tu fonds en larmes en voiture parce que tu as vu un chat sans vie au bord de la route.

Je t’aime quand tu défends une idée jusqu’à l’épuisement.

Je t’aime quand tu pleures toute la journée.

Je t’aime parce que les limites te font rire, fuir mais ne t’arrêtent pas.

Je t’aime quand tu as envie de mourir.

Je t’aime quand tu abandonnes tout ce que tu as appris, pour savoir qui tu es.

Je t’aime parce que peu importe le prix, tu choisiras la liberté.

Je t’aime parce que tu es sans concession.

Parce que chez toi tout est plus fort, plus intense, plus vrai.

 

La plume noire