Ce n’est pas du travail de journaliste !

Mettons-nous en situation. Voici un article trouvé qui m’a fait bondir, tellement il est flagrant que la journaliste n’a absolument pas étudié son sujet.

Je ne veux pas allaiter, et alors ?

Par Catherine Vanesse , le 04 août 2011 à 08h00.

Donner le sein est ce qu’il y a de plus naturel ? Pas pour tout le monde ! Si des complications médicales empêchent parfois les mamans désireuses d’allaiter de le faire, pour certaines, c’est un choix bien réfléchi et loin de la pression qui s’exerce sur les mères. Il n’y a pas de raisons de s’en excuser !

L’allaitement maternel, une « norme » depuis seulement 1990 ? 

L’allaitement maternel n’a pas toujours été «à la mode». Tout au long du 20ème siècle, il était de bon ton de sevrer rapidement les bébés, devant l’épuisement des mamans qui devaient accomplir les tâches ménagères tout en élevant des familles nombreuses. Et avant cela, nombreuses étaient les mères à confier leur enfant à une nourrice, à défaut de biberon, pour ne pas avoir à allaiter elles-mêmes. Considéré plus fiable que le lait maternel, le lait artificiel a connu ses heures de gloire dans les années 50, au grand bonheur des compagnies pharmaceutiques.

Une époque qui semble révolue depuis que les autorités médicales ont remis l’allaitement au goût du jour vers 1990. Un allaitement prolongé même, puisque l’OMS recommande de nourrir son enfant avec le lait maternel jusqu’à 6 mois. Et avec 70% des mères qui allaitent à la maternité, attention à vous qui avez opté pour le biberon !
Déculpabiliser les femmes qui n’allaitent pas 
Et pourtant, loin de la lutte entre les avantages du lait maternel et du lait en poudre, ce qui manque cruellement dans notre société, c’est la déculpabilisation envers ces femmes qui n’allaitent pas. Car comme pour tout choix, il y a de très bonnes raisons d’allaiter, mais aussi de très bonnes raisons de ne pas allaiter et cela relève avant tout du choix de la mère ou de la mère et du père, mais de personne d’autre !
Il importe avant tout à la femme enceinte d’être bien informée avant de choisir, de connaître les différentes possibilités : l’allaitement, l’allaitement mixte ou le biberon. Le choix doit également tenir compte du ressenti de la mère. Si une femme ne souhaite pas allaiter, elle risque de rencontrer des problèmes pour nourrir correctement son enfant, donc ça ne sert à rien de se forcer.
Finalement, le point commun de toutes ces mamans ne souhaitant pas allaiter, c’est la volonté d’être de vraies et bonnes mamans.
Et parce que le biberon c’est très bien aussi, voici quelques raisons pour ne pas allaiter : 
– ça fait mal
– ça n’autorise que la mère à nourrir son bébé, le père ne peut rien faire
– il y a des engorgements du sein
– il y a des crevasses du sein
– c’est difficile à gérer si on a trop de lait
– allaiter dans un lieu public ou devant les autres est impudique et gênant
– il peut y avoir des contre-indications, par exemple: avoir trop de prolactine
– le lait artificiel est aussi bien que le lait maternel
– c’est contraignant (6 ou 7 tétées par jour)
– quand on allaite on doit faire attention à ce qui passe dans le lait (alcool, nicotine…)
– on ne sait pas les quantités que boit le bébé au sein
– il est plus difficile de concilier allaitement et vie professionnelle ou sociale
– pour vous, la poitrine est avant tout une zone érotique et il vous est difficile de l’associer à l’enfant.
Qu’on soit bien d’accord : ce qui m’a fait bondir ici, ce n’est pas la question du choix. Non. Mes poils se sont hérissés à la vue de tous ces mensonges concernant l’allaitement. Ils visent de façon flagrante à démotiver les femmes qui se demandent encore si elles vont allaiter ou pas au lieu de leur offrir de vraies réponses, ce qui est interdit suite à une directive européenne. Dans la loi française, le texte est le suivant (je vous épargne ce qui ne concerne pas l’article) :
Art. 1er. – Toute documentation à but d’information ou d’éducation, tant écrite qu’audiovisuelle, portant sur l’alimentation des nourrissons et établie à l’intention des femmes enceintes ou des mères de nourrissons ou de jeunes enfants ou à l’attention des personnes s’occupant des problèmes nutritionnels des nourrissons et des jeunes enfants doit comporter des informations sur :
a) Les avantages et la supériorité de l’allaitement au sein ;
b) La nutrition de la mère et la façon de se préparer à l’allaitement au sein et de le poursuivre ;
c) L’éventuel effet négatif sur l’allaitement au sein d’une alimentation partielle au biberon ;
d) La difficulté de substituer un allaitement au sein à une alimentation utilisant des préparations pour nourrissons ;
e) En cas de besoin, l’utilisation correcte des préparations pour nourrissons, qu’elles soient industrielles ou confectionnées à domicile. Dans ce cas, cette documentation doit également faire état des incidences, notamment financières, de cette utilisation, signaler les dangers pour la santé de l’emploi d’aliments ou de méthodes d’alimentation inadéquates et, en particulier, de l’utilisation incorrecte de ces préparations. Cette documentation ne doit contenir aucune image de nature à présenter l’utilisation de préparations pour nourrissons comme la solution idéale.
{…}
Art. 5. – Est puni des peines d’amende prévues pour les contraventions de la 5e classe :
a) Le fait de diffuser ou de faire diffuser des publicités en faveur de préparations pour nourrissons dans des supports autres que la presse écrite destinée aux professionnels de santé ;
On est loin de tout ça, hein ? En plus, vous me direz que le site étant belge, il faudrait voir du coté de la loi belge. Ok. Et bien en fait c’est pareil, car la Belgique a suivi les mêmes directives.
Afin que vous compreniez bien à quel point les propos tenus ici sont absurdes, je vais les transposer à un sujet qui ne fait plus débat : La ceinture de sécurité.

Je ne veux pas l’attacher, et alors ?

Attacher son enfant en voiture est tout ce qu’il y a de plus naturel ? Pas pour tout le monde ! Pour certaines, c’est un choix bien réfléchi et loin de la pression qui s’exerce sur les mères. Il n’y a pas de raison de s’en excuser !

La ceinture de sécurité, une « norme » depuis seulement 1970 ?

La ceinture de sécurité n’a pas toujours été «à la mode». Tout au long du 20ème siècle, il était de bon ton de laisser bébé détaché, devant l’épuisement des mamans qui devaient se concentrer sur leur conduite et sur la route. Et avant cela, nombreuses étaient les mères à poser simplement bébé sur la banquette, à défaut de ceinture, pour ne pas avoir à entendre les pleurs d’un bébé qui n’aime pas être prisonnier.

Une époque qui semble révolue depuis que les autorités ont mis la ceinture au goût du jour vers 1970. Une sécurité augmentée même, puisque la loi oblige à utiliser des sièges adaptés à chaque tranche d’âge. Et avec les sanctions encourues, attention à vous qui avez opté pour la liberté de mouvement !

Déculpabiliser les femmes qui n’attachent pas

Et pourtant, loin de la lutte entre les avantages de la ceinture et des sièges auto, ce qui manque cruellement dans notre société, c’est la déculpabilisation envers ces femmes qui n’attachent pas. Car comme pour tout choix, il y a de très bonnes raisons d’attacher, mais aussi de très bonnes raisons de ne pas attacher et cela relève avant tout du choix de la mère ou de la mère et du père, mais de personne d’autre !

Il importe avant tout à la femme enceinte d’être bien informée avant de choisir, de connaître les différentes possibilités : la coque, la ceinture ou la liberté de mouvement. Le choix doit également tenir compte du ressenti de la mère. Si une femme ne souhaite pas attacher, elle risque de rencontrer des problèmes pour protéger correctement son enfant, donc ça ne sert à rien de se forcer.

Finalement, le point commun de toutes ces mamans ne souhaitant pas attacher, c’est la volonté d’être de vraies et bonnes mamans.

Et parce que la liberté c’est très bien aussi, voici quelques raisons pour ne pas attacher :

– ça fait mal
– ça n’autorise que la mère à protéger son bébé, le père ne peut rien faire
– il y a des pleurs
– il y a des crises de nerfs
– c’est difficile à gérer si on fait trop de route
– mettre la ceinture dans un lieu public ou devant les autres est impudique et gênant
– il peut y avoir des contre-indications, par exemple: avoir peur d’être bloqué en cas de problème
– il n’y a pas plus de morts et de blessés sans ceinture
– c’est contraignant
– quand on attache on doit faire attention à ce qui se passe dans la voiture
– on ne sait pas comment bébé le vit
– il est plus difficile d’associer sécurité et tranquillité
– pour vous, la ceinture est avant tout un jouet érotique et il vous est difficile de l’associer à l’enfant.

Vous comprenez mieux maintenant ? Vous voyez à quel point les arguments sont au mieux stupides, au pire complètement faux ?

Je vous entends d’ici me dire qu’il ne faut pas exagérer et que le faux lait n’a jamais tué personne, contrairement au non-port de la ceinture. Voici ma réponse : Il y a quelques jours, mon père est arrivé chez une cliente pour lui faire un devis. Elle venait de perdre sa petite-fille d’un mois, morte de n’avoir pu recevoir les anticorps que seul le lait de sa mère (qui avait fait le choix de ne pas allaiter) aurait pu lui donner. Cela arrive tous les jours dans les pays développés comme la France. Seulement les sociétés de faux lait ont un budget spécial pour que ces affaires ne soient pas publiques, alors on ne le sait pas jusqu’au jour où ça nous arrive…
Il faut que les parents puissent accéder à toutes les infos pour avoir la possibilité de faire un choix en toute connaissance de cause, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.

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