Blouse blanche = soumission obligatoire ?

Aujourd’hui, rendez-vous chez le médecin pour mon fils, 2 ans. Notre médecin habituel étant en vacances, je vais voir son confrère du même cabinet.

Le problème pour lequel j’avais pris rendez-vous s’étant résolu tout seul, je lui dis qu’on va juste faire le check-up poids / taille / périmètre crânien. Mon fils se jette dans mes bras en pleurant sa peur. J’explique donc qu’il a été traumatisé par un dentiste et que, depuis, les blouses blanches l’inquiètent beaucoup, qu’il faut le comprendre, prendre le temps de lui expliquer ce qu’on va faire et ne surtout pas le brusquer. Dans ma tête, j’ai un billet qui m’a beaucoup marquée qui tourne en boucle.

« Ok, déshabillez-le ». J’explique à mon fils qu’on va enlever les vêtements pour la pesée parce que c’est important d’avoir le poids exact (en même temps que je me dis qu’à la dernière pesée ce n’était pas la même balance ni le même moment de la journée, mais passons). Déjà, là, je ne vais pas assez vite au goût du Docteur qui veut mettre la main à la pâte.
« Non merci, il vaut mieux que je m’en occupe seule. Il ne vous connait pas assez bien, vous comprenez.
– Pfffff. » Quoi, Pfffffff ??? Il commence déjà à m’agacer, celui-là…

On l’allonge, je lui explique qu’on regarde comme il a la tête bien remplie quand on mesure son périmètre crânien et comme il est grand quand on mesure sa taille. Il est inquiet mais me regarde et m’écoute en me tenant les mains très fort. J’exprime de la joie en lui disant que « Waouh ! XX cm ! Tu es un graaaaand ! » Pour le moment, ça passe.

Ensuite, le Docteur me dit qu’il faut enlever la couche pour la pesée. Je prends de nouveau le temps d’expliquer à mon fils la procédure, et je précise qu’on ne va pas le toucher s’il n’en a pas envie. Ça commence à l’agacer, Monsieur Docteur, qui dit « oh ! Lui expliquer, lui expliquer…. Vous allez voir ça va être vite fait ! » et qui commence à vouloir lui baisser sa couche. Je lui bloque les mains, le regarde droit dans les yeux, et lui dis calmement que « non, on va prendre le temps de lui expliquer les choses. » Nouveau soupir du Docteur. Je commence à bouillir intérieurement.

Alors que je m’apprête à prendre mon fils dans les bras pour l’emmener sur la balance, le Docteur le recouche et commence à lui malaxer les testicules. Bien sûr, mon fils recommence à hurler sa peur. Il ne comprend pas ce que je lui dis ou il n’en a rien à foutre ??? « Mais vous faites quoi, là ??!?? » Pas de réponse. Et il va pour le décalotter.
« Hop hop hop !!! Non non non non !
– Oh, ça va !
– Non, ça ne va pas, on ne décalotte, pas mon fils ! » Et je prends mon fils dans mes bras. Non mais sans déconner, il me cherche, c’est pas possible ! Je doute fort que ce mec accepte et aime qu’un gars inconnu qui fait 4 fois sa taille et 10 fois son poids le foute à poil sans rien lui expliquer pour lui tripoter les parties intimes…

Clairement énervé, il prend brusquement mon fils (qui n’a rien vu venir de dos, donc, puisque face à moi), l’arrache de mes bras et va le poser sur la balance sans ménagement et en s’exclamant « ça commence à bien faire !
– Oui, dis-je moi aussi sur un ton énervé en reprenant mon fils dans mes bras, ça commence à bien faire ! Vous n’avez pas compris quand je vous ai expliqué qu’il avait été traumatisé ? Vous croyez que j’emploie ce terme à la légère ?
– Ça va, je sais ce que je fais !
– Peut-être, mais pas mon fils ! (Je suis à bout de nerfs !) Vous savez quoi ? Non, vous ne savez pas faire, on s’en va !
– Oui, c’est ça, barrez-vous ! À le traiter comme ça vous allez en faire une chochotte ! »

Heureusement qu’il ne m’a pas demandé de payer quoi que ce soit sinon je crois bien que j’aurais fait un vrai scandale. Le pire, dans tout ça, c’est que mon fils, poli, lui dit au revoir et que ce gros CON va pour nous claquer la porte sur le nez. Je la retiens avec mon pied pour dire « Oh ! Même un enfant de 2 ans sait dire au revoir ! Vous connaissez pas la politesse non plus ?
– Oui, c’est ça ! Au revoir !
– Connard… »

Mon fils va bien, là, maintenant. Je pense que de m’avoir vue le défendre bec et ongles y est pour quelque chose. JAMAIS, vous me comprenez, JAMAIS PERSONNE ne nuira à l’intégrité de mon fils en ma présence ! PERSONNE ! Une blouse blanche ne donne pas le droit à l’irrespect et encore moins aux attouchements ! On n’a pas à se soumettre aux 4 volontés d’un connard sous prétexte qu’il a une blouse blanche.

Encore un médecin chez qui je ne remettrai plus jamais les pieds…

J’ai décidé que l’affaire n’en resterait pas là.

Du coup, j’ai envoyé un mail au Conseil de l’Ordre des Médecins :

Très chers membres du Conseil de l’Ordre des Médecins,

Je voudrais vous faire part de ce qu’il s’est passé afin que cela ne se reproduise plus.

Le mardi 04 mars 2014 (rendez-vous à 13H15, accueil effectif à 14H30), j’ai rendez-vous chez le médecin pour mon fils,  2 ans. Notre médecin habituel étant en vacances, je vais voir son confrère du même cabinet (adresse du cabinet), le Docteur XXXXX (son numéro d’identifiant), B.D. pour la suite.

Le problème pour lequel j’avais pris rendez-vous s’étant résolu tout seul, je propose à B.D. d’en profiter pour  faire le check-up poids / taille / périmètre crânien afin de remplir le carnet de santé. B.D. prépare la table d’examen. Mon fils se jette alors dans mes bras en pleurant sa peur. J’explique donc à B.D. qu’il a été traumatisé par un passage chez le dentiste et que, depuis, les blouses blanches l’inquiètent beaucoup, qu’il faut le comprendre, prendre le temps de lui expliquer ce qu’on va faire et ne surtout pas le brusquer.

Sans aucune explication, ni à moi ni à mon fils, B.D. ordonne « déshabillez-le ». J’explique à mon fils qu’on va enlever les vêtements pour la pesée parce que c’est important d’avoir le poids exact (en même temps que je me dis qu’à la dernière pesée ce n’était pas la même balance ni le même moment de la journée, mais passons). Déjà, là, je ne vais pas assez vite au goût de B.D. qui entreprend de lui enlever le pantalon. « Non merci, lui dis-je calmement avec le sourire, il vaut mieux que je m’en occupe seule. Il ne vous connait pas assez bien, vous comprenez.
– Pfffff. »

On allonge mon fils, je lui explique qu’on regarde comme il a la tête bien remplie quand on mesure son périmètre crânien et comme il est grand quand on mesure sa taille. Il est inquiet mais me regarde et m’écoute en me tenant les mains très fort. J’exprime même de la joie pour le rassurer en lui disant que « Waouh ! XX cm ! Tu es un graaaaand ! » Pour le moment, ça passe, mon fils me fait confiance.

Ensuite, B.D. me dit qu’il faut enlever la couche pour la pesée. Je prends de nouveau le temps d’expliquer à mon fils la procédure, et je précise à haute et intelligible voix qu’on ne va pas le toucher s’il n’en a pas envie. B.D. commence à s’agacer et dit « oh ! Lui expliquer, lui expliquer…. Vous allez voir ça va être vite fait ! » Il commence alors à vouloir lui baisser sa couche. Je lui bloque les mains, le regarde droit dans les yeux, et lui dis calmement que « non, on va prendre le temps de lui expliquer les choses. » Nouveau « pfff » moqueur de B.D.

Alors que je m’apprête à prendre mon fils dans les bras pour l’emmener sur la balance, B.D. le recouche et commence à lui malaxer les testicules alors que je venais clairement d’exprimer mon désaccord sur le sujet. Bien sûr, mon fils recommence à hurler sa peur, exprimant ainsi clairement lui aussi son désaccord. « Mais vous faites quoi, là ? », ai-je demandé, stupéfaite. Pas de réponse de B.D. Et il va pour le décalotter.
« Hop hop hop !!! Non non non non !
– Oh, ça va !
– Non, ça ne va pas, on ne décalotte pas mon fils ! » Et je prends mon fils dans mes bras. Clairement énervé, B.D. arrache brusquement mon fils (qui n’a rien vu venir car de dos, donc, puisque face à moi) de mes bras et va le poser sur la balance sans ménagement et en s’exclamant, clairement en colère, « ça commence à bien faire !
– Oui, dis-je moi aussi sur le même ton en reprenant mon fils dans mes bras, ça commence à bien faire ! Vous n’avez pas compris quand je vous ai expliqué qu’il avait été traumatisé ? Vous croyez que j’emploie ce terme à la légère ?
– Ça va, je sais ce que je fais !
– Peut-être, mais pas mon fils ! Vous savez quoi ? Non, vous ne savez pas faire, on s’en va !
– Oui, c’est ça, barrez-vous ! À le traiter comme ça vous allez en faire une chochotte ! »

Le pire, dans tout ça, c’est que mon fils, poli et bien élevé, lui dit au revoir accompagnant le geste à la parole et que B.D. va pour nous claquer la porte sur le nez. J’ai heureusement le réflexe de la retenir avec mon pied, sans quoi, avec une telle violence, B.D. aurait pu casser la main ou le poignet de mon fils. A bout de nerfs, je fais remarquer à B.D. que « Même un enfant de 2 ans sait dire au revoir ! Vous ne connaissez pas la politesse non plus ?
– Oui, c’est ça ! Au revoir ! » et il claque la porte.

J’ai lu entièrement le code de déontologie, et voici les articles auxquels j’estime que le Docteur XXXX a fait infraction (les passages nous concernant sont soulignés) :

« ARTICLE 2 (article r.4127-2 Du CSP)

Le médecin, au service de l’individu et de la santé publique, exerce sa mission dans le respect de la vie humaine, de la personne et de sa dignité.
Le respect dû à la personne ne cesse pas de s’imposer après la mort.

ARTICLE 3 (article r.4127-3 Du CSP)

Le médecin doit, en toutes circonstances, respecter les principes de moralité, de probité et de dévouement indispensables à l’exercice de la médecine .

ARTICLE 7 (article r.4127-7 Du CSP)

Le médecin doit écouter, examiner, conseiller ou soigner avec la même conscience toutes les personnes quels que soient leur origine, leurs mœurs et leur situation de famille, leur appartenance ou leur non-appartenance à une ethnie, une nation ou une religion déterminée, leur handicap ou leur état de santé, leur réputation ou les sentiments qu’il peut éprouver à leur égard.

ARTICLE 8 (article r.4127-8 Du CSP)

Dans les limites fixées par la loi et compte tenu des données acquises de la science, le médecin est libre de ses prescriptions qui seront celles qu’il estime les plus appropriées en la circonstance.
Il doit, sans négliger son devoir d’assistance morale, limiter ses prescriptions et ses actes à ce qui est nécessaire à la qualité, à la sécurité et à l’efficacité des soins.
Il doit tenir compte des avantages, des inconvénients et des conséquences des différentes investigations et thérapeutiques possibles.

ARTICLE 11 (article r.4127-11 Du CSP)

Tout médecin entretient et perfectionne ses connaissances dans le respect de son obligation de développement professionnel continu.

ARTICLE 36 (article r.4127-36 Du CSP)

Le consentement de la personne examinée ou soignée doit être recherché dans tous les cas.
Lorsque le malade, en état d’exprimer sa volonté, refuse les investigations ou le traitement proposé, le médecin doit respecter ce refus après avoir informé le malade de ses conséquences.
Si le malade est hors d’état d’exprimer sa volonté, le médecin ne peut intervenir sans que ses proches aient été prévenus et informés, sauf urgence ou impossibilité.
Les obligations du médecin à l’égard du patient lorsque celui-ci est un mineur ou un majeur protégé sont définies à l’article 42.

ARTICLE 37 (article r.4127-37 Du CSP)

I. – En toutes circonstances, le médecin doit s’efforcer de soulager les souffrances du malade par des moyens appropriés à son état et l’assister moralement. Il doit s’abstenir de toute obstination déraisonnable dans les investigations ou la thérapeutique et peut renoncer à entreprendre ou poursuivre des traitements qui apparaissent inutiles, disproportionnés ou qui n’ont d’autre objet ou effet que le maintien artificiel de la vie.

ARTICLE 40 (article r.4127-40 Du CSP)

Le médecin doit s’interdire, dans les investigations et interventions qu’il pratique comme dans les thérapeutiques qu’il prescrit, de faire courir au patient un risque injustifié. (Ici, je parle du risque de para-phimosis)

ARTICLE 42 (article r.4127-42 Du CSP)

Sous réserve des dispositions de l’article L. 1111 – 5, un médecin appelé à donner des soins à un mineur ou à un majeur protégé doit s’efforcer de prévenir ses parents ou son représentant légal et d’obtenir leur consentement. En cas d’urgence, même si ceux-ci ne peuvent être joints, le médecin doit donner les soins nécessaires.
Si l’avis de l’intéressé peut être recueilli, le médecin doit en tenir compte dans toute la mesure du possible.

SERMENT D’HIPPOCRATE

Au moment d’être admis(e) à exercer la médecine, je promets et je jure d’être fidèle aux lois de l’honneur et de la probité.

Mon premier souci sera de rétablir, de préserver ou de promouvoir la santé dans tous ses éléments, physiques et mentaux, individuels et sociaux.

Je respecterai toutes les personnes, leur autonomie et leur volonté, sans aucune discrimination selon leur état ou leurs convictions. J’interviendrai pour les protéger si elles sont affaiblies, vulnérables ou menacées dans leur intégrité ou leur dignité. Même sous la contrainte, je ne ferai pas usage de mes connaissances contre les lois de l’humanité.

J’informerai les patients des décisions envisagées, de leurs raisons et de leurs conséquences.
Je ne tromperai  jamais leur confiance et n’exploiterai pas le pouvoir hérité des circonstances pour forcer les consciences.
Je donnerai mes soins à l’indigent et à quiconque me les demandera. Je ne me laisserai pas influencé par la soif du gain ou la recherche de la gloire.

Admis(e) dans l’intimité des personnes, je tairai les secrets qui me seront confiés. Reçu(e) à l’intérieur des maisons, je respecterai les secrets des foyers et ma conduite ne servira pas à corrompre les mœurs.

Je ferai tout pour soulager les souffrances. Je ne prolongerai pas abusivement les agonies. Je ne provoquerai jamais la mort délibérément.

Je préserverai l’indépendance nécessaire à l’accomplissement de ma mission. Je n’entreprendrai rien qui dépasse mes compétences. Je les entretiendrai et les perfectionnerai pour assurer au mieux les services qui me seront demandés.

J’apporterai mon aide à mes confrères ainsi qu’à leurs familles dans l’adversité.
Que les hommes et mes confrères m’accordent leur estime si je suis fidèle à mes promesses ; que je sois déshonoré(e) et méprisé(e) si j’y manque. »

Je suis encore choquée du comportement de cet individu. Le simple fait d’écrire ces lignes fait couler mes larmes. Je me suis sentie agressée et humiliée, tout comme mon fils. Notre confiance a été trahie et nos mœurs moquées. Intérieurement, nous avons été très abimés.

Il me semble qu’un diplôme de médecine ne donne pas le droit à l’irrespect, à l’agression et encore moins aux attouchements non consentis. Aux yeux d’un enfant de 2 ans, un médecin qui lui touche les parties intimes sans son accord n’est pas différent d’un autre adulte qui fait la même chose, surtout quand on vient de lui assurer que cela ne sera pas fait. Moi, adulte, je ne permettrais pas qu’on me le fasse subir, blouse blanche ou pas.

Pour notre bien-être à venir, notre reconstruction et afin que nous puissions reprendre confiance dans les médecins, j’espère de tout cœur que notre souffrance sera reconnue et des excuses officiellement formulées. Bien sûr, vous êtes seuls juges de ce qui peut et doit être fait.

C’est pourquoi je finirai en vous remerciant pour le temps que vous nous avez déjà accordé et en vous priant d’accepter, chers Docteurs, l’expression de ma plus grande considération.

La suite de cet article lorsque je recevrai une réponse de leur part…

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3 réponses à “Blouse blanche = soumission obligatoire ?

  1. Tu as bien raison de ne pas en rester là. C’est inadmissible.
    Non mais c’est grave cette manie de ne pas respecter l’intégrité physique ni la volonté du patient, encore pire quand c’est un enfant (comme si on pouvait d’autant plus le mépriser et le traiter comme un objet, de toutes façons il ne peut pas se défendre). Et alors là avec le traumatisme de ton petit… Je ne comprends pas… Quelle horreur ce type.
    Avec en plus une couche d’homophobie, de sexisme.
    A vomir. Nul humainement et pas professionnel du tout.

    Tout mon soutien, j’espère que ça va donner quelque chose.

    • Et le fait qu’il se mette en colère aussi rapidement me laisse penser qu’il a plutôt l’habitude que les patients se soumettent à lui. Les pauvres ! C’est tellement difficile de sortir de cette soumission qui est inculquée dès l’enfance !
      Courage, les amis ! L’estime que vous avez de vous-même doit être supérieure à celle que vous avez pour leurs diplômes !

      • Oui on a l’habitude d’être infantilisé et de se laisser marcher dessus même quand les réflexions n’ont plus rien à voir avec la médecine. Ca suffit (merde!).

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