Une justice à 2 vitesses

Je rentre du centre des finances publiques et j’ai les boules.

Pourquoi donc ai-je les boules :

(Pour ceux qui n’ont pas suivi, je suis travailleuse de nuit, je suis enceinte, j’ai donc demandé une affectation en poste de jour, ce qu’elle n’avait soi-disant pas, donc mon contrat est suspendu jusqu’au commencement de mon congé maternité, la Sécu devant alors me verser des indemnités journalières et l’employeur compléter pour maintenir mon salaire)

Depuis juin 2012, mon employeur me doit de l’argent. Elle a d’abord fait en sorte qu’un accident du travail ne soit pas pris en charge, ce qui a créé un trou de 500 euros (la moitié de mon salaire) dans notre budget déjà serré. Depuis, cette somme manque sur mon compte mais pas seulement car cela a créé un découvert que nous payons chaque mois un peu plus. C’est pour cette raison que j’ai été obligée de reporter le paiement de mes impôts sur revenus de 2011, puis que nous n’avons pas pu payer l’intégralité de notre taxe d’habitation 2012 et 2013.

Plus récemment, elle a menti sur la date de mon dernier jour travaillé avant suspension de contrat pour non possibilité de reclassement en poste de jour et ne me paye pas les compléments de salaire qu’elle me doit. De fait, depuis janvier, je n’ai touché que 2423,57 euros, donc une moyenne de 605,90 euros par mois alors que mon net mensuel moyen est le double. Cela nous donne un manque de 2552,90 euros à ajouter aux 500 euros de 2012.

On arrive donc à un total de 3052,90 euros que me doit mon employeur et qui manquent à notre budget (sans compter le coût des découverts engendrés et des crédits que l’on a dû prendre depuis l’été 2012). La somme que nous devons aujourd’hui au Trésor Public est de 3053 euros, majorations comprises. Lorsque l’on compare cette somme à celle que mon employeur m’a volée, on comprend facilement pourquoi nous sommes aujourd’hui dans l’incapacité de payer.

Alors aujourd’hui, forcément, le Trésor Public essaye de prendre sur nos salaires (trop bas, ça marche pas), sur nos comptes (il n’y a rien, ça marche pas non plus) et pense de plus en plus à faire venir les huissiers. Je comprends tout à fait. Chacun doit payer ses impôts.

Pour éviter les huissiers et venant juste de recevoir la prime à la naissance (923€), je décide de faire un tour directement dans les bureaux pour leur expliquer la situation et payer 900€, leur montrant ainsi ma bonne foi, de sorte que les procédures s’arrêtent. Après 2 heures et demie d’attente sur une chaise tellement inconfortable que j’en ai encore des contractions, la réponse du Trésor est sans appel : si vous ne payez pas la totalité de ce que vous devez, les procédures en cours ne s’arrêteront pas. Je demande si on peut étaler le paiement. « Oui, en 4 fois maximum ». Ça nous fait donc 4 fois 763,25€ à payer (sur 4 mois évidement).

Franchement, si on avait cette somme en trop chaque mois, on ne serait pas dans cette situation ! Mais si on ne paye pas, les huissiers se feront un devoir de vendre nos affaires au plus offrant dans les plus brefs délais… Alors on fait comment ? On va chercher du coté de l’employeur ?

Ben oui, de l’autre coté, j’essaye tant bien que mal de récupérer l’argent que me doit mon employeur. Je le lui ai demandé moi-même, en vain. J’ai demandé de l’aide à l’inspection du travail, en vain (il me semble avoir compris que les 2 femmes se connaissent). J’ai donc entamé des procédures avec les tribunaux, mais tant qu’un jugement final n’a pas été prononcé (ça prend en moyenne 6 ans, ici, en France), je n’ai rien dans les poches. Moi, je ne peux pas majorer la somme due. Moi, je ne peux pas aller prendre les biens de l’employeur pour les revendre aux enchères.

Voilà. L’État se bouge quand je lui dois de l’argent, mais quand il s’agit de me protéger il n’y a plus personne. On appelle ça une justice à 2 vitesses. Et ça, ça me fout grave les boules.

Je vous écrirai bientôt depuis le foyer de la DDASS ou la maison de la famille d’accueil qui aura en charge mes gamins, si ils sont assez sympas pour me laisser l’ordi vite fait. Et pour moi, je cherche un pont sympa sous lequel me blottir…

LIBERTÉ (pour les gens pleins de fric avec un fiscaliste suisse et pour les employeurs), ÉGALITÉ (tous les autres dans la merde), FRATERNITÉ (ça, c’est vraiment ce qui me fait le plus rire…)

Mon patriotisme fout le camp à une vitesse…

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