Les dangers de l’allaitement prolongé

Il y a peu de temps, quelqu’un m’a dit que l’allaitement prolongé (que j’appelle allaitement normal, l’autre étant écourté puisque l’arrêt en est forcé mais passons) était dangereux pour le développement psychologique de l’enfant. Si je n’avais pas un périné en béton armé, je me serais fait pipi dessus. Je vous laisse donc aller aux WC avant de continuer la lecture.

Voulant jouer la carte open minded peace and love, je lui ai demandé gentiment « et sur quelles études vous appuyez-vous ? » Voici le (seul) lien qu’il m’a transmis : http://www.cairn.info/revue-cliniques-mediterraneennes-2005-2-page-265.htm

Je vous le copie-colle ici avec mes commentaires. Sait-on jamais, ils vont peut-être s’apercevoir de leur connerie et vouloir l’effacer ; je ne veux pas écrire pour rien.

Allaitement prolongé et ratés du sevrage : réflexions psychodynamiques

Le mot « psychodynamique » désignait au départ l’étude des relations entre réponses aux stimuli. Actuellement, le terme est utilisé comme synonyme de « psychanalytique ». C’est plus pompeux et moins connoté mais c’est la même chose.

Introduction

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Si nous avions opté pour une entrée en matière polémique,

Déjà, là, c’est une façon de dire qu’ils veulent créer la polémique. Au moins on est informés. Merci.

nous aurions pu intituler cet article « Pour ou contre l’allaitement prolongé ? », en écho aux débats parfois passionnels suscités par cette question, dont on perçoit d’emblée qu’elle ne mobilise pas uniquement de simples arguments scientifiques…

C’est annoncé dès le départ : il s’agit d’opinions personnelles (« pour ou contre »)

L’axe majeur développé par notre laboratoire de recherche a pour principale visée de privilégier une perspective préventive afin de réfléchir sur les fondements de la santé psychologique de l’enfant en développement, ce qui nous conduit au cœur des pratiques éducatives sous-tendant les interactions précoces mère-enfant. On peut se demander si ces dernières ne sont pas devenues davantage problématiques au niveau de la génération actuelle, peut-être en plus grande difficulté pour construire sa parentalité.

Et on peut m’expliquer en quoi la génération actuelle est en plus grande difficulté pour construire sa parentalité ? Parce que le fait d’annoncer ça comme ça, en plus avec un « peut-être », ça n’apporte rien. On dirait un collégien qui rajoute des mots pour gagner des lignes.

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Deux données chiffrées inquiétantes viennent étayer ce constat.

Quel constat ? Pour le moment, aucun constat n’a été fait. Une question a été formulée mais de constat je n’en vois point.

La première est issue d’une étude inserm récente (2002) soulignant qu’en France, un enfant sur huit présente actuellement des troubles psychopathologiques au cours de son développement.

Oui, ok, et ? Quel est le rapport avec l’allaitement ? Quel était le protocole de l’étude ? Quelle était l’objet de la recherche ? QQQOCCP, enfin ! (Qui Quoi Quand Où Comment Combien Pourquoi) C’est la base ! On ne balance pas une info comme ça sortie de son contexte ! M’enfin… S’il le faut, aucun de ces 1/8 enfants n’est allaité.

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La seconde résulte d’une vaste étude sur la prévalence et la prévention des dépressions pré et postnatales dans l’Est de la France actuellement en cours (de Tychey, 2004). Elle révèle, bien que l’âge moyen d’accès à la première maternité soit de plus en plus tardif (en moyenne 29 ans en France), que 19, 9 % des femmes enceintes évaluées présentent une dépression prénatale. Ces chiffres sont par ailleurs très proches de ceux enregistrés ces dernières années tant en Suisse (Manzano et al., 1997) qu’en Australie dans la cohorte suivie par Maloney (2003). Ce qui montre bien qu’il ne s’agit pas d’un « mal » lorrain, français ou européen… !

Oui, ok, et ? Quel est le rapport avec l’allaitement ? D’après mes sources, plus il y a allaitement, moins il y a dépression et plus les enfants ont des réactions positives (The protective effects of breastfeeding for infants of depressed mo­thers. NA Jones. Breastfeed Abstr 2005 ; 24(3) : 19-20.)

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Dans ces conditions, on ne sera pas surpris par le nombre d’articles parus dans les revues de vulgarisation et par le nombre d’ouvrages à visée scientifique offrant force conseils aux (futurs) parents (Delaroche, 1998 ; Liaudet, 1998 ; Dollander & de Tychey, 2002)…

Ah ! Le voilà le constat ! « on ne sera pas surpris par le nombre d’articles parus dans les revues de vulgarisation et par le nombre d’ouvrages à visée scientifique offrant force conseils aux (futurs) parents ». Cela n’a rien à voir avec l’allaitement mais ça fait genre « on a fait tout plein de recherches ». Puis ça fait gagner des lignes. 4 paragraphes, déjà ! Ce n’est pas rien !

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Voici donc le vrai début de l’exposé :

Dans le cadre de cet exposé,

C’est donc un exposé, pas une étude. Je répète : c’est un exposé, pas une étude ! Et, comme vous pourrez le constater, il n’expose pas des études, mais une théorie.

nous privilégierons un contexte précis : le couple allaitement-sevrage car il constitue une situation interactive précoce princeps

« Princeps », ça veut dire « premier ». Donc le couple allaitement-sevrage constituerait l’une des premières situations interactive de la période 0 – 18 mois. L’allaitement oui, de fait, car en général il commence à la naissance, mais le sevrage ? Ou alors on n’a pas la même définition de « précoce ». Parce que si cet exposé par du postulat que le sevrage se passe avant les 18 mois de l’enfant, déjà on n’est plus dans un allaitement dit « long ou prolongé ». On peut éventuellement parler d’allaitement prolongé quand il se poursuit au-delà de l’âge à partir duquel les instances de santé considèrent que l’enfant peut se passer de lait, d’où qu’il provienne, donc à partir de l’âge de 3 ans. Le titre n’est donc plus bon.

(Mazet & Stoleru, 1988) qui, d’un point de vue clinique dynamique, nous semble particulièrement déterminante dans ses potentialités structurantes sur le développement de l’enfant. Ce choix de l’allaitement n’est, comme le remarque justement Aubert-Godard (1999), jamais entièrement libre chez la femme. Celle-ci subit même depuis plusieurs années une pression conséquente au niveau national et mondial.

Au niveau de la rue, du quartier, du voisinage, de l’entourage plus et moins proche, du travail et de la famille aussi. Mais rarement en faveur de l’allaitement normal.

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Pour preuve, en France tout d’abord, un décret de loi (98-688) datant du 30 juillet 1998 indique clairement « les avantages et la supériorité de l’allaitement au sein. » Un projet d’actions concrétise ce décret, et Bernard Kouchner a été chargé d’appliquer une série d’actions sur la période 2001-2005, dans le cadre du Programme National de Nutrition et de Santé, en faveur de l’allaitement au sein.

C’est une pression, ça ??? Informer c’est mettre la pression ???
Personne ne s’est senti sous pression lorsqu’on nous a informé de la toxicité de l’amiante qui se trouvait dans les habitations, les chambres d’enfants !
Personne ne s’est senti sous pression lorsqu’on nous a informé de la toxicité des OGM présents dans l’alimentation des enfants !
Personne ne s’est senti sous pression lorsqu’on nous a informé de la toxicité des fast-food que nos bambins aiment tant !
Personne ne s’est senti sous pression lorsqu’on nous a informé de la toxicité du plastique utilisé dans les jouets et le matériel de puériculture !
Etc, etc…
Quand bien même certains ce seraient senti sous pression, personne n’est venu dire qu’il ne fallait pas rendre ces informations publiques !
Soyons honnêtes, un minimum, s’il vous plaît…

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Les recommandations au niveau des organismes internationaux sont encore plus insistantes. En 2001 l’Organisation Mondiale de la Santé (oms) préconise l’allaitement au sein seul jusque 6 mois, suivi d’un allaitement au sein accompagné d’une diversification alimentaire jusqu’à un ou deux ans.

Non. L’allaitement exclusif au sein est recommandé jusqu’à l’âge de six mois. De six mois à deux ans, VOIRE PLUS, l’allaitement doit être complété par une autre alimentation. C’est pas beau de mentir quand on veut écrire un truc un tout petit peu sérieux… Ou alors il faut revoir vos  méthodes de recherche, hein…

L’oms souligne que « cette nouvelle référence fera de l’enfant allaité au sein le modèle normatif à l’aune duquel toutes les autres méthodes d’alimentation devront être mesurées en terme de croissance, de santé et de développement ».

Oui. Cela veut dire que le groupe témoin sera celui nourrit de la manière prévue par la nature et non pas celui dont l’alimentation a été modifiée par l’Homme. Cela NE veut PAS dire que les parents nourrissant leur enfant autrement vont en faire des monstres diformes. Plus d’informations ici.

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L’unicef (United Nations Intergenerational Children’s Emergency Fund) a instauré, en 1991, en collaboration avec l’oms, le label « hôpital ami des bébés » attribué aux hôpitaux favorisant l’allaitement au sein (seulement deux en France).

Un hôpital ami des bébés c’est un encouragement (pas dans le sens « on force toutes les mères à allaiter » mais dans le sens « les mères qui veulent allaiter sont correctement accompagnées ») et un soutien à l’allaitement, mais pas seulement ! Il organise des soins autour des rythmes biologiques du nouveau-né et de la mère, il répond aux besoins physiologiques, psychologiques et culturels de l’enfant et de sa famille tout en assurant la sécurité médicale et il apporte un soutien aux parents pour leur permettre d’acquérir progressivement une autonomie. Plus d’infos ici : http://amis-des-bebes.fr/
C’est quoi ce tronquage de l’information ????

Cette fondation prend position très clairement en déclarant : « Les bébés devraient être nourris exclusivement au sein, ce qui signifie qu’il faut leur administrer uniquement du lait maternel même pas de l’eau, pendant les six premiers mois de leur vie. Exception faite de cas extrêmes rares, aucun autre aliment ou fluide n’est nécessaire ; ils peuvent même s’avérer dangereux : ils contiennent des microbes, provoquent des allergies et remplissent l’estomac du bébé qui absorbe alors moins de lait maternel. L’allaitement maternel devrait se poursuivre au moins jusqu’à l’âge de 2 ans ; mais dès l’âge de 6 mois environ, le lait maternel devrait être complété par des aliments solides appropriés » (« L’allaitement maternel : pour grandir en bonne santé », unicef, 1999).

Si c’est la fondation qui prend position, la source devrait être la fondation, non pas l’UNICEF. C’est mettre les mots d’une personne dans la bouche d’une autre. Pourquoi de telles confusions ? Est-ce volontaire ?

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Les objectifs de cet article visent, à partir d’une position clinique psychodynamique, à montrer les dangers, tant pour la mère que pour l’enfant, d’une telle induction et les risques dommageables auxquels elle peut conduire.

Induction, d’après mon ami Larousse : opération mentale par laquelle on passe d’observations données à une proposition qui en rend compte.
Il serait donc dangereux de rendre compte de ce qui est observé. Hum… Mieux vaut fabuler ? Laisser les gens dans l’ignorance ?

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Nous passerons d’abord en revue rapidement les multiples déterminants autres que biologiques pouvant entrer, soit en résonance, soit en conflit avec une telle injonction, parasiter l’interaction précoce mère-bébé, et à l’extrême pouvant mener même au refus du choix de l’allaitement au sein, voire à son arrêt rapide ou brutal. Nous examinerons ensuite les conséquences négatives d’un allaitement prolongé, en montrant que ce choix n’obéit probablement jamais aux seules raisons médicales mises en avant par les jeunes mères. Nous développerons au final une réflexion visant à cerner les ratés du sevrage en lien avec un allaitement prolongé, que nous illustrerons par une brève vignette clinique.

L’allaitement prolongé : arguments biologiques. Contraintes socioculturelles, économiques et psychodynamiques

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Nous ne discuterons pas dans ce travail la question épineuse du choix de l’allaitement « artificiel » (biberon) par rapport à l’allaitement au sein, bien que nous souscrivions volontiers à la position affirmée par Dolto (1983) et Killian (2002) selon laquelle « un biberon donné avec bonheur et conviction vaut mieux qu’un sein donné à contrecœur ». À l’évidence, cette polémique mériterait un article à elle toute seule !

Il existe, cet article. Ici.

Nous adhérons cependant pleinement à la position de Golse (1999a, b) : « Il n’y a pas que la biologie qui ait le droit de régir nos motivations… les psychologues se positionnent différemment face à cette question du choix du type d’allaitement. Leur objectif n’est pas d’influencer le choix de la jeune mère mais plutôt de le respecter quel qu’il soit puisqu’il n’appartient qu’à elle de savoir ce qu’elle doit faire pour être une mère suffisamment bonne… personne mieux que la mère ne sait, en matière d’allaitement, ce qui est bon pour elle et pour son enfant. Sûrement pas les médecins et… encore moins les politiques !… ».

Alors pourquoi voulez-vous crier haut et fort que l’allaitement prolongé présent un danger, si ce n’est pour influencer les mères ? Vous pensez respecter le choix des mères, là ? Sérieusement ?

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Certes il convient de reconnaître que l’allaitement au sein prolongé peut, d’un strict point de vue médical, présenter quelques avantages. Sur un plan de vue purement scientifique, les médecins avancent le fait que le lait maternel est bien plus facile à digérer qu’un lait « artificiel ». De plus, sa contenance en protéines dites « anti-infectieuses » immunisent le nourrisson contre les infections (par exemple les otites récidivantes). Le lait maternel comporte également des acides gras essentiels (non synthétisés par l’organisme et non présents dans les autres types de lait) nécessaires au bon développement du cerveau et des yeux. En outre, certains nutriments du lait favorisent la croissance et la maturation de différents tissus, et notamment celle du tube digestif. Par conséquent, ces diverses propriétés diminueraient le risque de maladies du nourrisson, d’allergies futures et en particulier d’allergies alimentaires. Tous ces bénéfices seraient le fruit du colostrum « inimitable… et inimité » contenu dans la poitrine maternelle (This, 1991 ; Thirion, 1994).

Oh la boulette ! Oh la grosse boulette ! Reprenons les bases : dès la fin de la grossesse, les glandes mammaires produisent du colostrum. Ce jusqu’à la montée de lait à partir de laquelle les glandes mammaires ne produisent plus que du lait (qui n’est pas du colostrum et qui n’en contient pas non plus). Quand on veut parler allaitement, on se renseigne quand même un minimum, quoi ! Là c’est vraiment la honte ! Tenez, les auteurs, un peu de lecture.

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Mais l’allaitement au sein serait également bénéfique pour la mère puisque des chercheurs (Gwin, 1999) ont constaté une diminution très significative (respectivement 50 % et 25 %) du risque de cancer du sein et de l’ovaire avant la ménopause chez les femmes qui allaitent au sein sur une durée de six mois minimum.

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Ceci posé, nous souhaitons d’emblée avancer l’idée que la seule injonction médicale à l’allaitement prolongé entre nécessairement en résonance chez la femme avec des facteurs multidimensionnels complexes, d’ordre à la fois culturels, économico-sociaux et intrapsychiques, lesquels sont susceptibles de générer des conflictualités supplémentaires malaisées à élaborer chez la (jeune) mère.

Les jeunes mères ne peuvent pas réfléchir efficacement. C’est la faute du SNU (Syndrome du Neurone Unique)… Lol ! 😉

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Culturellement parlant, force nous est de constater qu’il existe des différences inter-pays importantes sur ce plan. L’étude de l’inserm réalisée en 1999 nous apprend que 79 % des femmes d’Afrique du nord allaitent au sein alors que la moyenne européenne est de 69 %. Il faut noter que la France est le pays d’Europe où les femmes allaitent le moins au sein : 50, 1 % des bébés français nés en 2000 ont été nourris au sein alors qu’ils étaient 95 % en Finlande et en Norvège la même année (Turck, 2001) ! Dans le même ordre d’idée, les françaises sont les femmes d’Europe qui allaitent (au sein) le moins longtemps. Badinter (2003) nous indique qu’en France 10 % d’entre elles continuent après trois mois, contre 70 % en Suède ou en Norvège ! Les spécialistes (Thirion, 1994 ; Blin & Cerruti, 2003) expliquent ces chiffres par une approche différente du féminisme selon les cultures. Didierjean-Jouveau (2003) a souligné qu’en France la « seconde vague » de féminisme (1960-1970) a rejeté la maternité donc l’allaitement maternel devenu synonyme de « servitude » (Turck, 2001). Dans les pays scandinaves, les femmes ont milité pour une reconnaissance de la fonction sociale de la maternité, en obtenant ainsi des améliorations concrètes (allocations, congés, aides). En France, le féminisme a permis une libération sexuelle, en termes d’avortement et de contraception. Les femmes pouvant désormais disposer de leur corps comme elles l’entendaient, restait la question de la relation entre autodétermination du corps et allaitement. Käppeli (1991) présente les domaines de revendication des féministes : le droit, l’éducation et la formation, l’autodétermination du corps, la morale et l’indépendance économique. Précisément les contraintes économiques infléchissent nécessairement lourdement le choix d’allaiter et de poursuivre (ou non) sur une longue durée l’allaitement. On peut penser qu’elles se surajoutent aux habitudes culturelles dans les pays africains où la pauvreté ôte toute possibilité d’achat de laits artificiels substitutifs puis d’aliments d’une autre nature.

OK. Sauf qu’en France, la pratique de l’allaitement maternel à la maternité était plus fréquente parmi les mères de 30 ans et plus, mariées, nées à l’étranger, dont le niveau d’études était supérieur au baccalauréat, n’ayant pas fumé pendant leur grossesse, ayant bénéficié d’une ou plusieurs séances de préparation à l’accouchement, ayant été mises en contact direct peau à peau avec leur enfant dans l’heure suivant l’accouchement et dont le conjoint avait une perception positive de l’allaitement maternel. La plupart de ces variables étaient également associées à des taux d’allaitement maternel plus élevés à 3, 6 et 12 mois. On est loin de la misère du monde, là. Tant qu’à remettre les choses dans leur contexte, autant le faire complètement. (source Epifane)

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Le choix de ne pas prolonger l’allaitement en France porte manifestement selon nous le poids de la variable socio-économique constituée par la reprise d’une activité professionnelle. Même si toutes les études n’aboutissent pas à des résultats univoques sur ce plan (Gojard 2000), les statistiques nationales disponibles sont ici édifiantes : l’enquête de l’inserm (1999) révèle en effet que :

  • à 8 semaines, 50 % des bébés allaités sont sevrés (c’est donc la durée médiane) ;

  • à 12 semaines, 70 % des bébés allaités sont sevrés.

Les raisons de l’arrêt de l’allaitement ont été analysées :

Origine du sevrage

Sevrage avant 9 semaines

Sevrage après 9 semaines

Manque de lait

38 %

15 %

Problème médical

28 %

12 %

Reprise du travail

16 %

48 %

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Ces chiffres indiquent clairement que la reprise du travail est l’origine principale du sevrage (après neuf semaines). Cela ne répond pas aux recommandations médicales, aussi bien nationales que mondiales, mais plutôt à des critères socio-économiques.

Pour le manque de lait et les problèmes médicaux, je vous invite à vous rendre sur la page du droit au soutien à l’allaitement maternel afin de vous rendre compte par vous-même que ces deux raisons peuvent être réunies en une seule nommée « manque cruel de connaissance en allaitement des travailleurs médicaux et paramédicaux ». Pour la reprise du travail, en réalité il s’agit bien d’un « manque de soutient à la reprise du travail ».

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Même si les paramètres que nous venons de passer en revue exercent une influence, nous pensons que dans notre culture européenne le poids des déterminants intrapsychiques demeure le moteur principal du choix d’allaiter ou non, et de prolonger ou non la durée de cet allaitement (Delaisi de Parceval 2003). Sans nullement prétendre à l’exhaustivité, nous soulignerons ici le rôle particulièrement important que nous accordons à trois d’entre eux :

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1. Le poids des transmissions intergénérationnelles. Dolto (1983, 1984) disait avec justesse qu’on a souvent tendance à donner la castration comme on l’a reçue, soulignant le « fardeau » possible constitué par les héritages passés. Pour essayer de s’en dégager avant d’être confronté au choix d’allaiter puis de sevrer, nous avons par ailleurs (Dollander & de Tychey, 2002) invité les futures mères à saisir l’occasion de la période de grossesse pour réaborder avec leur propre mère ou un membre signifiant de leur propre famille, chaque fois que c’était possible, leur propre histoire infantile en matière d’allaitement et de sevrage, afin de lever au moins partiellement, malgré la part d’après-coup, l’amnésie infantile en profitant de cette nouvelle période de « transparence psychique » (Bydlowski, 1997), richement réactivatrice de part et d’autre en représentations au niveau inconscient et préconscient… Nous pensons à partir de notre pratique clinique que deux contextes dynamiques passés peuvent favoriser le choix d’une prolongation de l’allaitement indépendamment de toute sensibilité à une éventuelle injonction médicale :

  • l’existence de points de fixation importants consécutifs à un plaisir oral de succion vécu de manière prolongée et trop intense dans l’histoire infantile de la mère, sans qu’il n’ait été possible pour elle à l’époque d’être initiée aux plaisirs de l’échange à distance du corps à corps, par le biais du langage et des échanges ludiques. Dans ce cadre, la future mère risque fort de chercher à retrouver avec son enfant ce plaisir intense, auquel elle a dû se résoudre elle-même à renoncer trop tardivement, sans trouver à l’époque de substituts satisfaisants ;

  • l’existence d’une rupture traumatique précoce brutale en ce domaine. Cette rupture a pu prendre la forme d’un sevrage brutal chez la jeune femme alors qu’elle était enfant, voire l’absence d’allaitement au sein pour elle, même un temps court. Dans ce contexte la future mère peut s’inscrire dans une répétition inconsciente avec son propre enfant, des modalités d’allaitement qu’elle a elle-même « subies ». Mais elle peut aussi dans le même cas de figure avoir le désir inconscient de réparer le préjudice subi et essayer de retrouver par là même une sécurité qu’elle n’avait pas elle-même connue dans le lien d’attachement… Elle peut alors, à l’inverse, entreprendre de prolonger l’allaitement sur une longue durée.

On voit bien à l’évocation de ces deux situations que l’injonction médicale à allaiter longtemps peut n’être qu’un leurre, lorsque la femme est sous-tendue par un désir qui l’y pousse inconsciemment. Mais on se rend compte en même temps que l’injonction médicale à prolonger l’allaitement peut s’inscrire à contre-désir à la fois de l’inconscient et de l’injonction professionnelle à reprendre son travail. Elle peut alors produire une conflictualité et une culpabilité particulièrement difficiles à surmonter pour la mère…

D’où l’intérêt, dans ces cas, d’une thérapie permettant à la future mère de réparer ses blessures avant de faire un choix afin que celui-ci soit éclairé et rationnel.

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2. Le poids de la relation de couple actuelle et la fonction paternelle de séparation

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L’arrivée du bébé oblige chacun des parents à reconstruire son identité sexuelle avec une partition nouvelle où ils ont respectivement à assurer une nouvelle fonction de père et de mère tout en conservant leur fonction d’amant(e) dans le cadre de leur vie de couple. La plupart des clinicien(ne)s spécialistes de la petite enfance (Hurstel, 1987 ; Cupa et al., 1994 ; Aubert-Godard, 1999 ; Parat, 2003 ; Siksou, 2003 ; Dublineau et Roman, 2004) soulignent l’importance de la fonction paternelle de séparation dans la construction de l’individuation du bébé, passant par la possibilité de se détacher du sein maternel.

Du coup il fait comment, le pauvre père dont l’enfant est nourrit au biberon ? Il n’a plus de fonction ? Il devient mère ? Puis il faut arrêter de prendre les mères pour des nourrices et les enfants pour des tubes digestifs. C’est hyper réducteur, limite méprisant. La mère et l’enfant interagissent de bien d’autres manières.

Par ailleurs, Aubert Godard (1999) pointe avec raison que les deux fonctions femme et mère « se trouvent réunies sur le sein, ce qui peut devenir source de confusion et de trouble ». Parat (2003) abonde dans le même sens lorsqu’elle défend l’idée « d’une conciliation impossible entre ces deux seins », soulignant l’existence « d’une tension entre valence érotique et valence nourricière du sein ».

Ouai, bof. Les hommes n’ayant pas été élevés dans une culture porno n’ont pas cette attirance sexuelle pour le sein. Dans la plupart des pays où l’allaitement maternel est la norme, on dit qu’un homme qui aime les seins est un enfant (sous-entendu : un attardé mental). Même des hommes nés en France d’une famille « pure souche » mais ne cultivant pas la culture du porno le disent. Puis si on veut vraiment concilier la femme et la mère sur une partie du corps féminin, je dirais que ça se fait plus au niveau du vagin. Mais encore une fois, ce serait limiter ce qu’est la femme et ce qu’est la mère. On n’est pas que des trous !

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La fonction paternelle de séparation ne peut être mise en œuvre que si le père de l’enfant demeure l’objet du désir maternel et conserve sa valeur d’attracteur génital. Or la multiplication des divorces, des mésententes conjugales avec leur cortège de déqualification paternelle, augmente les contextes de monoparentalité et de relation duelle. Il ne faut pas s’étonner alors que certains auteurs soulignent (Hurstel, 2001) la fragilisation contemporaine croissante de la fonction du tiers assurée par le père de l’enfant.

Heureusement, la fonction du tiers, qui peut très bien ne pas être séparateur sans pour autant nuire au développement de l’enfant, peut être occupée par une tierce (oui oui, le mot est bien choisi) personne.

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Dans ce contexte,

Rappelons qu’ils parlent du contexte où l’enfant n’est qu’un tube digestif et la mère qu’une nourrice.

la prolongation de l’allaitement au sein peut devenir synonyme de l’exclusion paternelle

Sauf que le père peut, pendant une tétée, jouer avec l’enfant, lui raconter une histoire, le toucher, lui sourire, le faire rire, etc, etc… Le père peut aussi manquer d’imagination et s’exclure tout seul, mais ce n’est pas la faute de l’allaitement.

et traduire le maintien d’un lien serré entre la mère et l’enfant.

C’est marrant, ça ! On veut absolument éloigner l’enfant de ses parents (et surtout de sa mère) pour après se plaindre qu’il n’existe plus de cohésion familiale. Il faut savoir ce qu’on veut dans la vie, hein ! Puis avoir des liens serrés avec ses parents ne veut pas dire qu’on est fermé au reste du  monde. L’un n’empêche pas l’autre et surtout pas l’allaitement.

Ce lien n’est plus (depuis la coupure du cordon) fusionnel (même s’il peut le demeurer à un niveau imaginaire), mais le plus souvent anaclitique plutôt qu’incestueux.

Encore heureux qu’ils ne se la jouent pas Rufo avec le coup de l’inceste !

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Il nous semble que l’injonction médicale à l’allaitement prolongé vient renforcer ce risque

Le risque d’être proche de la mère, donc. ndlr.

en fournissant à la femme un argument supplémentaire pour prolonger la relation de corps à corps avec son enfant, sans la médiatiser par le langage,

Ah bon ? On ne peut pas parler à son enfant pendant une tétée ? Puis rappelons qu’un enfant allaité ne fait pas que ça de ses journées. Contrairement à un enfant qui aura en permanence soit un biberon, soit une tétine dans la bouche, l’enfant allaité aura la plupart du temps la bouche libre de toute expression, le sein de pouvant pas se détacher de la mère.

et pour rechercher auprès de lui des satisfactions substitutives par rapport aux manques en provenance de son partenaire.

Non, l’allaitement n’est pas un hobby permettant de combler un manque, quel qu’il soit et d’où qu’il vienne puisqu’il se fait à la demande de l’enfant et non à celle de la mère. Encore aurait-il fallu se renseigner un peu pour le savoir.

La conséquence la plus dommageable pour l’enfant est le maintien durable d’une dépendance,

Une dépendance ? Laquelle ? Ce serait bien de le préciser.

risquant d’entraver de manière conséquente son individuation et son autonomisation future, ce que Daws (2001) traduit à sa manière en parlant de « danger de l’intimité ».

Un enfant dont les besoins affectifs sont comblés se montre au contraire plus rapidement autonome car son inconscient ne sera pas à la recherche de ce qui pourrait combler le manque. Il ne faut pas confondre autonomisation et résignance.

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Si au contraire l’enfant qui vient de naître est perçu comme le symbole de l’échec de la relation de couple,

Parce que l’exemple précédent était une réussite ? Ben mes vieux c’est pas la joie d’être parent avec vous !

le ressentiment à l’égard du (de l’ex) conjoint-partenaire peut se déplacer inconsciemment sur le bébé. Le rejet de ce dernier peut alors se traduire par l’arrêt rapide de l’allaitement, voire le refus d’allaiter, indicateur multidimensionnel qui ici exprimera le besoin de prendre une distance et de ne pas subir de son bébé de nouvelles contraintes pouvant s’inscrire en écho des contraintes passées, celles du conjoint et celles subies dans l’enfance. L’injonction médicale à allaiter ne sera alors pas suivie, mais elle va entraîner dans la psyché maternelle une autre conséquence dommageable : sa culpabilisation, accentuée éventuellement par les remarques de l’environnement proche pouvant la qualifier de « mauvaise mère ».

D’où l’intérêt du soutient, lequel peut aussi se trouver dans une thérapie.

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3. Le poids des deuils non élaborés

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Hanus (1994, 2000), reprenant une réflexion freudienne,

Freud, vous savez bien ! Le gars qui a fait de son cas personnel et des problème qu’il a eu avec sa mère une généralité. Pour le savoir, encore faut-il lire les lettres à Fliess.

souligne l’influence possible d’un deuil récent ou à venir sur la genèse du désir de procréer. La conception de l’enfant revêt alors une valeur d’agir maniaque à valence anti-dépressive : se tourner vers la vie pour dénier la perte, et ne plus avoir à élaborer les affects douloureux qui lui sont rattachés. Il nous semble que ce facteur peut particulièrement contribuer à une prolongation du corps à corps, dans la mesure où toute séparation générerait pour la mère la réactivation de la perte précédente non élaborée. Mais un autre deuil, cette fois fantasmatique et non réel, vient toucher cette fois toutes les mères lors de l’accouchement : le deuil de la complétude phallique instaurée au niveau imaginaire par ce ventre qui grossit de plus en plus à mesure que la gestation avance (Becache, 1993).

La complétude phallique ! Il vaut mieux lire ça que d’être aveugle, hein ! Personnellement, l’accouchement a toujours été un soulagement tant les grossesses furent fatigantes. Mais je conçois que certaines mères éprouvent des difficultés à se faire à cette séparation. Le problème c’est de faire des généralisations à tout va. Non, ça ne touche pas TOUTES les mères.

Accepter la castration ombilicale pour Dolto (1984), c’est accepter de renoncer à ce phallus imaginaire.

cf Freud, tout est sexe et mon dernier commentaire sur Freud.

C’est également accepter de renoncer au désir de fusion à un niveau imaginaire de part et d’autre. Il nous semble que ce deuil de la fusion se complique fortement lorsque les conditions d’accouchement entraînent une séparation brutale non prévue mère-enfant (enfant placé en soins intensifs ou en couveuse par exemple). Le désir d’allaiter de manière prolongée

D’allaiter tout court, en fait, puisque les chiffres ne montrent pas une augmentation de la durée de l’allaitement quand il y a une séparation brutale à la naissance. Croyez-moi, si ces chiffres existaient, les auteurs se seraient empressés de les inclure à cet exposé, ce qui n’est pas le cas. On est donc sur de la pure spéculation.

peut alors se lire comme la traduction du désir de rétablir une fusion consécutivement à une séparation trop saturée d’angoisse de mort. Nous partageons ici la position soulignée par Siksou (2003) à propos d’un des aspects possibles de l’allaitement : « Il contribue au maintien de la fusion mère-nourrisson et prolonge le vécu de la symbiose de la grossesse. »

Oui, l’allaitement du nourrisson est le prolongement naturel de la grossesse, le petit humain ne naissant pas complètement « terminé ». Dans le monde médical, on dit que les neufs mois qui suivent la naissance, pour peu que la grossesse ait été menée à terme, sont la fin de la grossesse. Ceci explique les besoins de fusion du bébé avec sa figure d’attachement (qui n’est pas toujours la mère, mais ceci est une autre histoire).

L’injonction médicale à le poursuivre très longtemps peut être avancée par la mère, pour rationaliser de manière secondaire son désir inconscient de maintenir à tout prix le corps à corps, et se mettre à l’abri d’une angoisse de séparation non métabolisable.

Ce choix peut aussi tout à fait être éclairé et rationnel, sans lien avec quoi que ce soit d’inconscient. Tout n’est pas psy, rappelons-le.

Dans cette perspective,

Qui n’est donc pas bonne,

nous pouvons tout à fait souscrire au point de vue défendu récemment par Dublineau et Roman (2004) pour lesquels « l’allaitement prolongé a une fonction anti-dépressive de réparation ». Il est le témoin « d’une séparation impossible à élaborer pour les deux partenaires ».

Bien sûr que si elle est possible, puisqu’elle se fait. Aucune mère n’allaite ad vitam aeternam. Aucun enfant avec ses dents définitives ne tète (puisque celles-ci empêchent la tétée).

L’impact d’une telle situation sur la construction si importante du lien d’attachement mère-enfant risque malheureusement d’être particulièrement dévastateur.

Réellement ? à ce point ? Concrètement, ça donne quoi ? Ils ne le marquent pas car ils n’ont aucun cas concret. Pure fabulation, je vous dis.

Les situations cliniques que nous avons rencontrées nous ont souvent rappelé le constat formulé par Lebovici (1983) : « Si le bébé doit réparer l’angoisse de séparation de sa mère, il ne peut pas élaborer la sienne propre. »

D’accord. Mais ça n’a rien à voir avec l’allaitement.

Le corollaire en est la structuration d’un attachement insécurisant singulièrement pesant pour la socialisation de l’enfant, comme l’illustrera la vignette clinique que nous présenterons plus loin, le seul moyen de faire face à l’angoisse pour cet enfant passant alors par la nécessité de rétablissement d’un corps à corps permanent…

Et ils font comment, les enfants dans la même situation qui ne sont pas allaités ? Ils ne font pas face à l’angoisse ?

Les ratés du sevrage consécutifs à un allaitement prolongé

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Nous ne souhaitons pas bien entendu donner au lecteur le sentiment que le corps à corps mère-bébé est à proscrire ! Il est même nécessaire aux besoins du nourrisson au début de sa vie car tout bébé est aussi nourri par les contacts tactiles à valence sécurisante. Mais nous suivrons pleinement Dolto (1984) lorsqu’elle affirme que ce mode d’échange doit cesser d’être le mode de relation exclusif, voire même dominant entre les deux partenaires.

Bien sûr que ce mode d’échange n’est ni exclusif ni dominant ! Croire le contraire c’est bien mal connaître le fonctionnement de l’allaitement. Mais on savait déjà depuis le début que leur manque de connaissances était catastrophique.

Un des aspects de son concept novateur de « castration orale » point en effet pour la dyade mère-enfant « l’interdit de maintenir une relation de corps à corps », si la mère entend favoriser la séparation-individuation et l’autonomisation de l’enfant.

L’observation de la pratique (encore aurait-il fallu la faire, hein 😉 ), montre que les enfants allaités sont tout à fait autonomes et se séparent au moins autant de leur mère que les autres.

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Nous ne reviendrons pas en détails sur les conditions avancées par Dolto (1984) pour rendre cette castration « symboligène », c’est-à-dire permettre à l’enfant de symboliser cet interdit sans traumatisme, autrement dit réussir à la fois à l’intérioriser et à l’accepter.

Ben non, hein. Sinon votre exposé n’aurait plus de sens car l’allaitement prolongé ne présenterait plus de danger. CQFD.

Dolto (1984) insiste en particulier sur la nécessité en premier lieu de diluer dans le temps les séparations, en confrontant le bébé à une seule rupture à la fois (suppression du sein d’abord, puis de l’espace de sécurité entourant l’enfant, la mère donnant le biberon à côté de la nourrice dans le nouvel espace qui attend l’enfant, puis rupture par rapport à la présence de la mère : la nourrice donnant le biberon d’abord en présence de la mère puis hors de sa présence). Cette liaison des deux figures nourricières permet à l’enfant de se construire un nouvel espace sécurité où la mère et la nourrice seront associées. En cas de désir d’allaitement prolongé et de reprise parallèle de l’activité professionnelle, on imagine mal comment la mère pourrait respecter le caractère progressif du sevrage,

C’est parce que vous manquez d’imagination, mais dans la pratique c’est tout à fait possible.

d’autant que la reprise du travail est souvent synonyme chez elle d’arrêt brutal de l’allaitement naturel.

Malheureusement oui, le manque d’information et de soutien en la matière étant bien cruel dans notre société.

On peut faire l’hypothèse également que plus le bébé reste fixé longtemps au plaisir du corps à corps, plus il lui deviendra difficile d’accepter d’y renoncer.

Ben en fait non. Une fois son réservoir affectif rempli, le bébé se sépare tout seul. D’ailleurs, depuis tout à l’heure je n’écris pas avec mes enfants aux seins.

Nous pensons également que les autres déterminants d’un sevrage « symboligène » ne sont nullement respectés en cas d’allaitement prolongé. Dolto (1984) les pose de manière précise :

  • la possibilité d’accepter pour la mère le renoncement au plaisir du corps à corps

 Le nombre de personnes qui croient qu’on allaite pour notre plaisir, c’est fou ! Non mais franchement, entre les réflexions négatives de l’entourage, l’ignorance du monde médical qui nous refuse souvent l’accès aux soins, la société qui nous stigmatise et veut nous isoler, les crevasses, les gencives qui travaillent, les tétées-gym, les tétées pile au mauvais moment, j’en passe (et des meilleures !)… si cela avait été pour mon plaisir, j’aurais arrêté vers les 3 semaines de mon aîné.
pour le remplacer par un plaisir à distance, médiatisé par le langage et reposant sur le plaisir des échanges langagiers partagés au moment où le bébé est le plus sensible à l’environnement externe, c’est-à-dire juste après la tétée, en nommant les objets qui l’environnent, en multipliant les imitations de vocalises qu’il émet…
On peut aussi faire ça pendant la tétée, l’enfant y est très sensible. Note : l’enfant fait des vocalises AUSSI pendant une tétée. Avant, pendant, après… Aucun interdit !
Il est manifeste ici que ce type d’échanges sera plus réduit si la mère privilégie le corps à corps et les plaisirs associés au contact tactile (toucher, caresser, embrasser le bébé).
Parce que c’est l’un ou l’autre, hein. On ne peut pas faire les deux, sinon leur théorie se casse la gueule…
Continuer à lui donner son sein au lieu de lui parler ne permet pas selon Dolto de castrer « la langue du téton » ;
On vous le répète parce que ça n’a pas l’air bien clair pour vous : un enfant allaité ne fait pas que ça de ses journées. Le sein n’étant pas une tétine, il ne peut pas l’avoir dans la bouche en permanence.
  • la possibilité de multiplier les échanges ludiques langagiers en lieu et place du plaisir du corps à corps.

Je commence à me poser des questions, là, sur la dimension depuis laquelle ils ont écrit cet exposé. On peut multiplier les échanges ludiques langagiers avec un enfant au biberon mais pas avec un enfant au sein ? Je dis ça parce qu’il faut savoir qu’ici, un enfant qui n’est pas nourrit au sein reçois quand même du lait, via un biberon. Et si la réponse est non, alors le problème ne vient pas de l’allaitement.

Pour Candilis (1985) dont la perspective est voisine de celle de Dolto (1984), ces échanges ludiques vont permettre « la sortie d’une phase fusionnelle avec l’enfant ». Nous pensons qu’ils facilitent la construction d’une imago maternelle à un niveau préconscient, en stimulant l’espace imaginaire de l’enfant grâce à la combinaison de traces visuelles et acoustiques dont la liaison contribuera à la permanence de la présence de la figure maternelle sur le plan des représentations internes du bébé. Ce dernier n’a plus alors besoin en permanence de la présence physique réelle de la mère puisqu’il peut échanger avec elle à un niveau interne grâce à son imaginaire.

ça se confirme de plus en plus : ils pensent que les enfants allaités sont en permanence avec leur mère, ce qui n’est pas du tout le cas. Les enfants allaités, comme les autres, vont en crèche, chez la nounou, à l’école, en centre de loisir, en week-end chez les grands-parents, etc, etc… Encore une fois, les auteurs nous exposent surtout des craintes fondées sur une méconnaissance totale du sujet.

Les interactions réelles seront beaucoup plus variées également grâce à la maîtrise progressive du langage et des échanges à distance qu’il permet. Ainsi, constitutif du sentiment de continuité, de la permanence de l’objet, ce moment du sevrage, que Winnicott qualifiait de processus de nécessaire « désillusion » (1948), permet à l’enfant de faire l’expérience du manque, puisque « tout sevrage n’est jamais que l’apprentissage de l’accoutumance à un manque » (Harrus-Révidi, 1997),

Avec l’allaitement, toujours pas. Car en grandissant, l’enfant n’a plus besoin de téter trouze mille fois par jour comme un nourrisson. Il n’en ressent pas le manque car il n’en a plus le besoin. Son besoin diminuant avec l’âge, l’enfant finit par se sevrer de lui-même et, par conséquent, n’éprouve pas ce manque.

émergence du désir et du langage. Ce sont là les tous débuts de l’introjection, marqués par ce « passage de la bouche pleine de sein à la bouche pleine de mots (qui) s’effectue au travers d’expériences de bouche vide » (Abraham et Torok, 1978)…

On répète pour les 4 du fond qui n’ont pas suivi : l’enfant allaité n’a pas le sein en permanence dans la bouche. Il lui arrive même fréquemment d’interrompre la tétée pour dire ce qu’il a à dire. De plus, le sein n’étant pas une tétine transportable partout puisque non détachable de la mère, quand il n’a pas le sein et qu’il n’est pas en train de manger ou boire (comme n’importe quel autre enfant), il n’a rien dans la bouche. Donc en fait un enfant allaité a plus souvent la bouche disponible pour le langage qu’un enfant biberonné.

On voit bien ici les conséquences négatives d’un allaitement prolongé au sens où le langage du corps à corps, dans bien des cas, et le plaisir qu’il induit resteront trop présents pour permettre à la mère d’initier l’enfant au plaisir à distance d’elle, susceptible de favoriser parallèlement la communication dans un rapport de langage et son autonomisation.

On voit bien ici les conséquences négative du manque de connaissance dû au manque flagrant de recherche. Cela entraîne des théories plus que douteuses fondées sur des croyances.

Les indicateurs cliniques d’un raté du sevrage lié aux conditions que nous venons d’évoquer sont alors transparents sur un plan clinique et peuvent s’exprimer de manière diversifiée. Nous soulignerons ici :

  • les difficultés alimentaires lorsqu’elles surviennent ou sont majorées après le retrait du sein ;

  • les difficultés d’apprentissage de la parole ;

  • les troubles du sommeil lorsqu’ils commencent à apparaître de façon concomitante au sevrage ;

  • le déclenchement d’une maladie somatique immédiatement après le premier accueil en crèche ou en nourrice ;

  • le recours itératif à la succion du pouce ou de l’index qui cesse selon nous d’avoir une valeur positive de moment de repli en termes d’auto-apaisement lorsqu’il devient un besoin presque constant du jeune enfant ;

  • l’incapacité du bébé à gazouiller au réveil après une période de sommeil. Le gazouillis et les vocalises expriment sa capacité à entrer en dialogue avec une mère représentée au niveau imaginaire, à halluciner le sein et la présence maternelle pendant un temps avant que le besoin ne se fasse sentir trop fortement. Un bébé resté prisonnier de la relation de corps à corps sera incapable de supporter même un temps court l’absence de la mère, et recherchera immédiatement son rétablissement en pleurant, ne rétablissant une sécurité que par l’agrippement et le portage. Ce dernier devient alors un mode d’interaction privilégié entre lui et sa mère (ou le substitut) ;

  • le besoin permanent chez l’enfant plus âgé de solliciter le portage de manière particulièrement tyrannique avec l’effet pervers chez les figures parentales d’y répondre, traduisant clairement l’incapacité de l’enfant en développement d’accepter le renoncement au corps à corps…

On peut avoir des chiffres exacts ou s’agit-il encore de pure spéculation ?

Nous terminerons notre réflexion par une brève illustration clinique qui servira d’éclairage à un certain nombre des développements théoriques avancés plus haut.

Petite information aux auteurs : l’enfant n’est pas un pervers polymorphe. Il ne faut pas non plus confondre un enfant chiant et un enfant persévérant, ni un enfant facile et un enfant résigné.

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Alain a 12 mois.

Non, vous ne rêvez pas : pour les auteurs, à 12 mois on parle déjà d’allaitement prolongé. Courage, c’est bientôt fini…

Il continue a être allaité par sa mère qui doit se livrer à de véritables « acrobaties » avec son employeur (elle a repris le travail au bout de 6 mois…) pour pouvoir nourrir l’enfant à des heures fixes, rythme qu’elle lui a imposé.

Il est certain que la législation française du travail ne permet pas un allaitement « comme à la maison ». Mais le coup des heures fixes, c’est une obsession de la mère, pas un problème d’allaitement.

À la première consultation, elle reste révoltée par le discours de la nourrice qui ne veut plus garder l’enfant et qui lui a conseillé « de voir un psy en arrêtant par ailleurs d’allaiter l’enfant ! » Elle se montre très désemparée et culpabilisée par cette remarque.

Culpabilisée ? Pourquoi ? Ce n’est pas de la faute de la mère si la nourrice manque de jugeotte et de professionnalisme.

Elle pense avoir été « une bonne mère » en respectant strictement les recommandations faites par son pédiatre…

Un pédiatre n’est spécialiste ni en nutrition en général, ni en allaitement en particulier. Ces cours ne font pas partie de son cursus.

Pourtant cet enfant geint toute la journée chez sa gardienne, motivant le désir de celle-ci de ne plus le prendre en charge…

Donc la nourrice a mal choisie sa carrière. Elle aurait dû être gardienne de poupées.

Lors de la première consultation, nous avions proposé à la mère d’installer Alain sur une chaise juste à côté d’elle. Il a protesté immédiatement en tendant les bras vers elle, ce qui a généré en réponse le rétablissement instantané du corps à corps… L’anamnèse de Monique, la mère, est richement informative. Elle exprime beaucoup de ressentiment à l’égard de sa propre mère qui a quitté son père que Monique continue d’idéaliser. Cette mère ne l’a pas allaitée. Monique semble s’être construite en contre-identification, désireuse « de faire tout le contraire de sa mère en matière d’éducation ».

Donc déjà on sait que le problème ne vient pas de l’allaitement mais de l’histoire de la mère.

Le premier grand amour de sa vie l’a quittée brutalement dans un accident de la circulation alors qu’à 26 ans elle projetait à ce moment de concevoir un enfant avec lui. Elle nous dit avoir vécu un deuil difficile mais s’être dégagée de sa souffrance six ans plus tard lors de la rencontre de son partenaire actuel, avec lequel elle vit depuis, sans être mariée, Alain étant conçu alors qu’elle avait 36 ans. La grossesse est décrite comme idyllique excepté l’accouchement post-terme qui s’est révélé problématique, les contractions ne se déclenchant pas malgré l’injection hormonale pratiquée en dernier recours, à la grande surprise de l’obstétricien. Celui-ci a dû mettre en œuvre une césarienne pour faire naître l’enfant.

Oui, malheureusement il arrive très souvent que des accouchements soient déclenchés alors que la mère et l’enfant vont bien, ce qui est traumatisant pour les deux et engendre souvent des complications pouvant aller jusqu’à la césarienne. L’OMS a publié plusieurs rapports accablants là-dessus.

Le développement pondéral et moteur de ce dernier ne présente pas de particularités. Lors de cette première consultation, les échanges tactiles mère-enfant sont de qualité mais les échanges verbaux restent très pauvres, les vocalisations de l’enfant pratiquement absentes. La mère, fonctionnant peut-être sur le mode de l’identification projective nous dit : « J’ai essayé de lui donner un ou deux biberons juste avant ma reprise du travail, et depuis de temps en temps, mais ça se passe mal, je vois bien qu’il est malheureux et ça je ne le supporte pas… »

Effectivement, c’est une très mauvaise méthode d’introduction du biberon. Quand on est un pro, c’est le moment où on donne à la mère la liste des consultants en lactation certifiés IBCLC les plus proches de chez elle.

La vie sexuelle avec le partenaire a repris mais de manière plus espacée qu’avant la conception d’Alain.

Là encore, rien à voir avec l’allaitement. C’est le fait de devenir parent qui change la vie de couple. Car oui, s’occuper d’un enfant ça prend du temps et oui, c’est un peu plus compliqué que de s’occuper d’une plante verte.

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Lors de la seconde consultation, alors que nous lui demandions si Alain avait des ressemblances physiques avec des personnes de son entourage, le regard de Monique se charge d’une larme… La reformulation sur un mode interrogatif de la souffrance que nous sentons poindre chez elle la conduit, en pleurant franchement cette fois, à évoquer la couleur des yeux et le regard qui lui rappellent constamment ceux de son premier partenaire, décédé dans un accident de la circulation, ce qu’elle ne peut verbaliser à son compagnon actuel…

J’ai vraiment de la peine pour elle. C’est dur. Mais quel est le rapport avec l’allaitement prolongé ? Dans toute cette présentation de cas, il manque quand même ce qui est censé nous intéresser : le danger présenté par l’allaitement prolongé.

Pour conclure

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L’illustration clinique que nous venons de présenter nous semble particulièrement démonstrative du

Non pas « du » mais « d’un »

chaînon causal nécessairement multidimensionnel conduisant à l’allaitement prolongé

Même pas puisqu’il s’agissait d’un enfant d’un an et qu’à un an on ne peut pas parler d’allaitement prolongé.

et aux impasses auxquelles il peut mener,

Lesquelles exactement ? Elles n’ont pas été exposées.

quel que soit par ailleurs le bien fondé somatique de l’injonction médicale, qui fait le plus souvent office de rationalisation secondaire.

Ou pas.

Le point de départ nous semble ici à situer dans la rupture probablement traumatique générée dès la naissance par l’impossibilité de prolonger la fusion in utero par une phase de corps à corps, ce que Monique cherche sans doute inconsciemment à réparer ou plutôt à rétablir avec son propre enfant. La deuxième perte signifiante subie brutalement avec le décès de son premier amour au moment où elle envisageait une conception avec lui réactive certainement des angoisses de séparation primaire. Le deuil non élaboré de ce premier partenaire (pour preuve l’évocation en miroir, à travers la ressemblance réelle ou imaginaire d’une caractéristique physique de son enfant avec lui qui la fait pleurer…) réactive l’angoisse de le perdre. Nous faisons l’hypothèse que l’angoisse de le perdre est directement responsable de l’impossibilité de s’en séparer à la naissance conduisant à un accouchement post-mature traumatique. La fonction à la fois contenante et insuffisamment séparatrice de son partenaire, à qui elle n’a pu confier son désir de procréer antérieur (dont elle n’a pas non plus fait le deuil…) avec un autre homme, auquel elle identifie l’enfant, ne peut qu’accentuer une prolongation indéterminée du corps à corps face à une métabolisation impossible de l’anxiété de séparation certainement ressentie par Alain à travers le prisme du regard maternel posé sur lui. Le maintien du corps à corps à travers un allaitement et un portage prolongé

Prolongé ??? Non. Alain étant à un âge où l’enfant a normalement besoin de contact avec sa figure d’attachement, on ne peut pas ici parler de symptôme de quoi que ce soit.

demeure alors pour tous deux le seul moyen de contenir cette angoisse. Mais elle conduit ici à une impasse sur le plan de la socialisation et de l’autonomisation de l’enfant, avec à l’arrivée la nécessité d’une psychothérapie mère-bébé afin de travailler la rupture du lien de corps à corps.

En réalité, ce sur quoi il faut travailler c’est la réparation des traumatismes de la mère. Une psychothérapie mère seule devrait suffire. Inutile d’infliger cela à un tout petit.

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L’allaitement prolongé ne mène pas nécessairement à une telle issue mais nous pensons avoir montré dans cet exposé, en posant là un regard clinique dynamique, que ce choix était potentiellement lourd de conséquences négatives pour le développement psychologique de l’enfant.

La seule chose montrée dans cette exposé, c’est que les auteurs n’ont aucunement pris le temps de faire le minimum de recherches requis pour parler d’allaitement, encore moins pour l’allaitement prolongé.

Ce temps du sevrage – dont nous avons relevé qu’il était estimé en partie dans nos sociétés à l’aune de considérations socio-économiques (entre 3 et 6 mois pour l’allaitement au sein, 24 mois pour l’alimentation mixte (selon les recommandations oms)

Encore manqué ! Ces chiffres ne sont pas les recommandations de l’OMS. Je vous ai mis le lien au début mais je peux vous le remettre ici.

– lorsqu’il est différé (au-delà de 6 mois pour le sein, de 24 mois pour l’alimentation mixte) majore le plus souvent

« le plus souvent » ??? On peut avoir les chiffres, s’il vous plaît ?

dans notre contexte socioculturel une dépendance réciproque importante entre la mère et l’enfant, générant l’édification d’un lien d’attachement prenant fréquemment une coloration insécurisante dès le lâcher du corps à corps.

Non. Et j’ai déjà expliqué pourquoi.

Il appauvrit probablement la construction de l’espace imaginaire et de l’aire transitionnelle de l’enfant ainsi que son développement langagier.

Non plus. Allez, on vous laisse une dernière chance.

Les propos que nous venons d’énoncer mériteraient de faire l’objet d’une recherche future

Ils méritaient déjà une recherche antérieure…

visant à comparer le développement psychologique d’enfants allaités de manière prolongée à celui d’enfants sevrés plus précocement de manière symboligène en s’appuyant sur les critères différenciateurs avancés dans ce travail pour constituer les deux groupes.

Parce qu’en plus ils n’ont même pas fait ça ??? Donc en réalité ils n’ont fait qu’imaginer, fabuler, sur la base de leurs croyances personnelles. C’est vraiment pas professionnel, pas éthique. Au moins ils l’avouent, c’est pas mal.

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Soulignons enfin, en ouvrant ces réflexions à un regard « ethno-décentré », que les pratiques d’allaitement et les modalités de sevrage demeurent étroitement liées au contexte socioculturel dans lequel elles s’inscrivent, ce qui mériterait en soi une approche anthropologique interculturelle hautement intéressante, qui viendrait confronter et élargir les perspectives psychodynamiques développées ici…

Oui, ça peut être pas mal, en effet. Cela viendra surtout les confronter mais ce sera pour le plus grand bien des auteurs.

Ouf ! Voilà, c’est fini. C’était long mais ça valait le coup. Ce qui me tue, c’est qu’encore personne n’ait réagit à ce tas de conneries. On ne peut pas laisser des informations erronées circuler comme ça, ce n’est pas possible. Heureusement, c’est le seul lien qui m’ait été transmis. Punaise ! C’était vraiment du lourd, là !

Autre chose du même genre à me transmettre ? Allez-y. Dès que j’en aurai le temps je ferai les corrections utiles.

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5 réponses à “Les dangers de l’allaitement prolongé

  1. anne

    Merci beaucoup, cela fait beaucoup de bien de vous lire. Signé: une psy d’orientation psychodynamique (lucide) ET maman allaitant de façon « prolongée »

    • Je ne dirai pas que cela a été fait avec plaisir mais cela fait plaisir de lire des retours, positifs de surcroît ☺️
      Je le referai donc pour tout autre document de ce genre que l’on me transmettra 😉

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