Mes histoires d’amour 

Mapremière histoire s’est terminée parce que nos parents déménageaient, chaque famille à un coin opposé de l’autre de la planète. Dur. J’ai 5 ans. Maintenant j’ai peur d’être abandonnée.

Ma deuxième s’est terminée « parce que toi t’es grosse alors que Nathalie, elle, elle est belle. » Dur. J’ai 7 ans. Maintenant mon corps entier est un complexe.

Ma troisième s’est… Aaah… Cette troisième… Il faut que je vous la raconte. J’ai 15 ans. Je suis invitée à ses 17 ans. Il y a un plan de table. Nous sommes à côté. Pendant tout le repas je sens sa main sur ma cuisse, son pied sur ma jambe et n’importe quel prétexte est bon pour se frotter à moi. Bien sûr que ça me fait de l’effet ! C’est la première fois qu’on s’intéresse à moi comme ça et l’idée m’avait déjà traversé l’esprit. À la fin du repas, les autres continuent à boire. Moi j’ai ma dose et en plus mon éducation m’oblige à aller l’aider à faire la vaisselle alors que je déteste ça. Je suis gentille. Nous somme deux. Seulement deux. Et nous faisons la vaisselle. Occasion supplémentaire de me faire comprendre son attirance pour moi. Je suis persuadée que je me trompe parce que, souvenez-vous, je suis convaincue depuis des années qu’à cause de mon corps on ne peut pas m’aimer. Mais j’ai « un beau visage et des cheveux de feu, des cheveux de rêve. » Puis j’ai bien choisi mon parfum. Frais. Mixte. Intemporel. « Et cette bouche ! » Alors nous nous séchons les mains sur le même torchon. Je suis littéralement dos au mur. Les autres ne nous voient pas, trop absorbés par l’alcool (ou l’inverse. Mais à ce moment précis je m’en fous). Ses mains quittent le torchon et me collent au mur. Sa tête se baisse vers la mienne et ses lèvres se collent à ma bouche. Longtemps. Je ne sais pas quoi faire. L’imprévu me paralyse et ça, je ne l’avais pas prévu. Ça y est : c’est fini. « Tu est spéciale. Tu me plais. Je ne pouvais pas résister. » Plusieurs mois passent et nous partageons des moments d’une intensité rare. Je suis la seule de tout le lycée à savoir gérer ses crises. Mais nous ne sommes pas dans la même classe. Alors on m’appelle en plein cours pour aller lui redonner vie. Je suis heureuse, je sifflote tout le temps, je sautille souvent. Et c’est précisément pour cette dernière phrase qu’un jour je me fais larguer. Dur. J’ai presque 17 ans. Maintenant je suis persuadée que je n’ai pas le droit d’être heureuse.

Ma quatrième histoire s’est terminée au bout de 10 ans parce que je souffrais trop. Tout ce pourquoi j’avais été aimée au début de notre relation était devenu au fil des années un défaut à ses yeux et donc également dans ma tête. Mes défauts étaient devenus une torture pour lui et des complexes supplémentaires pour moi. Dur. J’ai 31 ans. 2 enfants. Je m’en vais, maintenant persuadée que le monde serait plus heureux sans moi.

En route je rencontre ma sœur d’âme qui démonte une à une les croyances négatives que j’ai sur moi et me démontre par les faits que je suis une personne super à l’extérieure et extraordinaire à l’intérieure. Elle me dit qu’elle comprend que mon cœur soit fermé avec un super blindage mais que l’amour est la solution. Elle m’explique les autres et m’apprend à communiquer efficacement avec eux. 

Alors je décide, la peur au ventre, d’ouvrir à nouveau mon cœur parce que « ça peut être super chouette et qu’il [me] fait clairement du bien. » Et puis il arrive à me convaincre que je peux être aimée. Il me trouve parfaite. Mes petits et gros défauts sont secondaires. Il m’aime entièrement, je l’aime entièrement, je commence à m’aimer timidement. Découverte de l’amour réciproque entre amoureux. On vit un truc de fou !

Ma cinquième histoire s’est terminée parce que, malgré tout ça, ses sentiments ont disparu. Parce que plus je l’ai aimé, moins il m’a aimée jusqu’à ne plus m’aimer du tout. J’ai fait tout ce qu’il fallait à tous les niveaux et c’est précisément ce qui l’a fait fuir. Dur. J’ai presque 32 ans. Je suis persuadée que personne ne voudra jamais faire sa vie avec moi. Moi-même, j’aimerais bien ne plus être moi. Je déteste ce que je suis. L’amour me fera toujours mal alors que j’en ai cruellement besoin.
La prochaine fois que je me demande si je peux prendre le risque de me laisser tomber amoureuse, merci de me mettre un bon gros coup de pelle dans la tronche.

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