Je ne demande pas ton avis 2/2

DSC_0107C’est un bonheur de savoir que tu fais attention à moi. Que parfois, je ne me sens pas prête à expérimenter une pratique nouvelle et que d’une voix douce et chaleureuse, tu me rassures. Tu me dis que « Tout va bien se passer, que tu es là pour moi. Que si je dis le moindre mot, ou que tu lis sur mon visage une hésitation ou encore que j’ai légèrement mal, on arrêtera immédiatement. Que tu m’aimes et ne souhaites que mon bonheur et mon bien-être.» Et, si je ne souhaite vraiment pas essayer, ce n’est en aucun cas un problème.Cela est primordial dans une relation.

Mais aujourd’hui ce que je te demande, c’est autre chose. Je te demande de ne pas me demander mon avis…
ET C’EST SEULEMENT PARCE QUE JE TE LE DEMANDE, QUE TU PEUX LE FAIRE.
Il S’AGIT D’UNE DEMANDE PRÉCISE ET EXPLICITE. IL EST IMPENSABLE DE PASSER AU-DELÀ DU « NON » DE SON PARTENAIRE SANS QUE LA DEMANDE AIT ÉTÉ POSÉE TRÈS CLAIREMENT. Je préfère me répéter et qu’il n’y ait aucune confusion entre une demande claire et précise et le fait qu’une personne pense à la place de l’autre sans accord préalable.

J’ai envie de m’adresser à tous les hommes et toutes les femmes que mon propos peut intriguer ou qui se sont déjà posé ce type de question, qui ont rencontré cette ambivalence entre le oui et le non dans la relation sexuelle et qui sont bien en peine de pouvoir la dépasser, qui aiment sincèrement l’autre et ne veulent surtout pas la/le blesser par des demandes ou des attitudes inappropriées.
Je suis une femme et je parle ici en tant que femme qui s’adresse à son partenaire. Mais ce que je dis peut concerner tous types de couples. Simplement de mon expérience, cette problématique concerne principalement des femmes en couple avec un homme.

Dans la pratique, j’ai choisi de donner un nom au cycle de la relation sexuelle : je l’appelle la boucle de sérénité relationnelle. Elle comprend les préliminaires, le sexe ardent, la douce descente.

Les préliminaires :
Il est appréciable de rencontrer l’autre dans un espace d’amour, de tendresse et de complicité. Cela permet de lier à la fois ce qui se passe au niveau intellectuel et émotionnel avec le niveau physique. C’est un moment où la pensée est tranquille parce qu’on ne vient pas encore taper à sa porte pour lui dire que ce qui va suivre, ne va pas lui plaire.

A un moment, la pensée de votre partenaire va l’envahir et la paralyser. Cela demandera sûrement de l’entraînement avant que vous sachiez repérer « quand » ce moment arrive. C’est peut-être encore l’occasion de trouver ensemble un geste ou un mot simple pour signifier que ce moment est arrivé. Mais nous y voilà, l’amour doux et tendre qui a permis les premiers échanges commence à faire baisser le désir au lieu de l’augmenter. Il est temps de passer à un autre type de rapport.

Le sexe ardent
Pour ce qui est du factuel, il y a tout ce qui touche au à ce qu’on dit :
Elle                                                                                            Lui
Non, on ne peut pas faire ça…                             / Oui, mais, on va le faire quand même
Je ne suis pas sûr que j’ai envie                           / Chuuuuuut… Laisses toi faire
Pas maintenant                                                   / Si maintenant

Ce qui touche au aux impositions physiques :

Je me souviens de l’un de mes partenaires qui le visage entre mes cuisse me procura beaucoup de plaisir. Il m’en procura tellement que je le ressenti comme un « trop ». Je lui dis que c’était trop, je lui ai dit « arrêtes toi ». A ce moment, il agrippa mes hanches et redoubla d’intensité l’action effectuée par sa langue. Je n’aurai jamais imaginée que cela me procurerait autant de plaisir (je répète que si j’avais dis « rouge », il se serait arrêté).

Il peut être très apprécié de retourner sa partenaire avec vigueur et précision (attention, le but n’étant pas de faire mal). Poser sa main sur sa bouche, si définitivement elle parle trop (Sachant qu’il est ABSOLUMENT INDISPENSABLE, d’avoir créé un code « rouge » physique, puisqu’il n’est pas possible de parler à ce moment-là).
C’est avoir un regard non pas dur, mais profondément assuré. Avoir une voix posé
e et dans des vibrations basses.
C’est bloquer certains mouvements. Ce qui peut passer par attacher votre partenaire, mais aussi plus simplement avec vos mains, avant-bras, coudes, menton, genoux…
L’avantage d’utiliser
autre chose que votre corps pour maîtriser votre partenaire est que vous pouvez utiliser celui-ci pour stimuler votre partenaire à plusieurs endroits différents simultanément. Ce qui permet également de saturer la pensée de votre compagne qui comme vous l’avez compris maintenant, casse les couilles à tout le monde.

Le plus important maintenant, l’attitude, l’état d’esprit :

Vous pouvez faire tout ce que vous voulez, si vous n’avez pas le sentiment d’assurance nécessaire et un ressenti intense d’affirmation de vous même, cela ne fonctionnera pas. Soit vous serez anxieux et cela cassera tout, ou pire vous tomberez dans l’humiliation ou du dénigrement et cela insécurisera votre partenaire et cela risque de se terminer en gros sanglots sur le carrelage de la salle de bain (à ne pas confondre avec les pratiques BDSM, où la soumission est le miroir du respect que les partenaires ont l’un pour l’autre).

Ce qui vous est demandé est d’être sûr de vous.

C’est être ferme dans tout ce qui est fait.

Cela permet à votre partenaire de se sentir rassurée, contenue. Ce qui lui donne l’espace de laisser son esprit s’exprimer et se débattre tant qu’il veut. Sa pensée pourra ainsi s’enfermer dans ses principes à loisirs tout en ne prenant pas la place du plaisir. Puisqu’il y aura en face de cette dernière un autre pour lui dire qu’elle peut s’exprimer tant qu’elle veut et que de toutes façons, on ne lui demande pas son avis !

En somme, il s’agit de maîtrise de soi pour que l’autre sente que cette maîtrise compense la sienne et pouvoir ainsi lâcher prise.

La douce descente
C’est le moment où, il faut bien distinguer ce qui peut être parfait en matière de sexe et qui n’a plus du tout sa place une fois que l’euphorie a quitté votre partenaire. Lors du retour au calme, beaucoup de tendresse, de mots d’amour, de tendres baisers, de regards remplis de douceur, sont indispensables pour refermer la boucle de sécurité relationnelle.

Prenez votre partenaire dans vos bras, écoutez si elle a besoin de parler. Si elle a mal vécu quelque chose, ne jamais le prendre pour vous, vous prendriez le risque qu’elle ne se confie plus. Ce qui empêcherait de fait de pouvoir grandir ensemble sur le chemin du plaisir partagé. Si elle a mal vécu quelque chose, vous n’avez probablement rien fait de mal. Vous venez seulement d’apprendre tous les deux une nouvelle information sur ce qui est bon pour elle.

Bénéfices secondaires pour lui :

Pour celui qui est en position de maîtrise de lui-même et de l’autre, cela peut lui être utile d’une point de vue de l’économie émotionnelle.

Si vous êtes une personne ayant du mal à vous affirmer, à exprimer votre point de vue. Voilà un bel espace pour vous entraîner de façon sécurisée, auprès d’une personne que vous aimez.
Si au contraire vous n’avez dans la vie aucun problème à vous affirmer et même une légère tendance à l’autoritarisme ou à la condescendance, voilà un espace où vous pourrez vivre cette part de vous et qu’elle soit agréable à recevoir pour l’autre. Peut-être même ressentirez vous moins le besoin de l’exprimer dans des lieux où ces attitudes n’ont pas leur place.

Bénéfices secondaires pour elle :

Assumer ses désirs et ses besoins. Découvrir qu’un autre peut être aussi solide qu’elle. Qu’il peut avoir des capacités intellectuelles et affectives équivalentes aux sienness et qu’elle peut se reposer sur lui en étant réellement sécurisée. Découvrir qu’assumer ce genre de désirs (qui comporte beaucoup d’éléments de soumission), est un des meilleur moyens d’être indépendante sexuellement et affectivement. A partir du moment où, l’on nomme ce dont on a besoin, que l’on choisit le partenaire approprié et qu’on se donne l’espace de vivre pleinement ses désirs, on peut considérer qu’on prend en charge ses besoins sexuels et affectifs. On n’est donc plus dans la dépendance.

En conclusion, ces types d’échanges demandent de la part des deux partenaires, une grande confiance, une grande complicité, une communication claire, un respect profond ainsi qu’une haute estime mutuelle.

Ce n’est qu’en étant parfaitement aligné avec l’autre qu’il est possible de s’engager dans ce genre de voie et d’en ressortir infiniment heureux…

La plume noire

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Une réponse à “Je ne demande pas ton avis 2/2

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